Le Tibet et la Chine

Un article de fr.discu.org.

Sommaire

En résumé ... questions aux tenants des positions du gouvernement chinois

L'Assemblée Générale de l'ONU adopta en 1961 la résolution 1723 dont voici un extrait:

((L'Assemblée Générale...)) Solemnly renews its calls for the cessation of practices which deprive the Tibetan people of their fundamental human rights and freedoms, including their right to self-determination ;

Voici quelques questions:

  1. Cette résolution rappelle-t-elle le droit à l'autodétermination du peuple tibétain?
  2. L'ONU est-elle habilitée à juger de ce droit?
  3. Dans l'absolu les Tibétains étaient-ils bien un peuple, autrement dit (en ce qui nous concerne ici) étaient-ils non sinisés dans les années 1950?
  4. La formule their right to self-determination est-elle incompatible avec une suzeraineté tierce, mainmise chinoise comprise, décidée puis maintenue sans consulter les Tibétains?
  5. La Chine néglige-t-elle ce droit depuis son entrée au Tibet?
  6. Le fait que la Chine néglige cette résolution tout en étant membre de l'ONU et se pose en libératrice du peuple tibétain, bafoue son droit à l'autodétermination, exploite les ressources du Tibet et y tire (après avoir chassé les témoin, dans la rue et sans procès) sur des civils dépourvus d'armes à feu, montre-t-il son hypocrisie et sa mauvaise foi?

Si vous répondez "OUI" à toutes ces questions... fermons le ban. Sinon merci de me communiquer vos réponses.

Chine et Tibet: quel est le problème?

Le parti-pris (pris par le Parti?), ici celui du nationalisme chinois qui s'approprie le Tibet, ne nous pèse pas. Les Chinois peuvent croire ce qui leur semble bon (tout ciment social agrège de la matière douteuse et le fait d'y ajouter foi constitue une sorte de gage concédé à la communauté). Toutefois lorsque circulent des diatribes, manifestement sincères, relevant des comportements jugés abusifs de français complices de chahuteurs de flamme Olympique nous devons à notre respect pour les Chinois d'exposer le point de vue de nombreux Occidentaux, d'autant que chacun demeure, en Occident, libre de le rejeter et de refuser d'en discuter.

Émeutes de mars 2008

Des documents publiés par Wikileaks laissent deviner l'ampleur réelle des émeutes.

Mathieu Ricard (auteur d'Habits of happiness), durant un chat accordé le 7 avril 2008 au journal Le Monde, affirma que:

... beaucoup de Tibétains ont perdu leur travail à la suite de l'afflux d'immigrants chinois, à cause du train. C'est l'accentuation de la sédentarisation forcée des nomades, l'intensification de la rééducation patriotique dans les monastères. Tout cela a augmenté le mécontentement et déclenché les émeutes. Le premier aspect, ce sont des laïques qui ont été rejoints par quelques moines et qui se sont promenés avec un drapeau tibétain dans Lhassa le 10 mars au matin. Ensuite, les manifestations se sont accentuées jusqu'au 14. Ce sont de jeunes Tibétains qui ont mis le feu à des boutiques, il y a eu cinq ou six morts parmi les Chinois. Cela s'est passé dans le quartier central de Lhassa. Bien qu'il y ait eu 10 000 policiers, ils ne sont pas intervenus le 14, et on soupçonne que c'était pour laisser la situation s'envenimer et justifier leur répression. Mais le 14 dans l'après-midi, dans des quartiers périphériques de Lhassa, le quartier de Drapchi et Karma Gonsar, loin des témoins occidentaux, la police a tiré à balles réelles et il y a eu 67 morts ce jour-là. En tout, à ce jour, nous avons les noms de 192 morts tibétains et 2 300 arrestations confirmées de personnes qui maintenant ont disparu.

Les procès qui s'ensuivirent furent critiqués.

Occupation du Tibet

Nationalisme, relativisme... et droit

Le gouvernement chinois a érigé le dogme par lequel il fait du Tibet l'une de ses provinces au rang d'élément fondamental du nationalisme chinois. Certains en appellent au respect de cela, sans considération quant aux effets sur les Tibétains, non concernés par ce que veut la Chine puisqu'ils ne sont pas sinisés et n'ont pas manifesté le désir de l'être.

Le droit international, plus pertinent et accepté par la Chine puisqu'elle est membre de l'ONU, offre moyen d'éviter ce relativisme culturel.

La Chine bafoue les droits du peuple tibétain

Beaucoup d'Occidentaux reprochent aujourd'hui à la Chine d'occuper le Tibet d'une façon prohibée par le droit international public (pour circonscrire: de ce que l'ONU devrait défendre).

Afin de tenter de préserver la paix le droit international offre aux nations et peuples, depuis le Traité de Versailles, quelques menues garanties. Il rend l'analyse d'une situation aussi objective que possible car définit clairement ce qui est autorisé et interdit. Les nations soucieuses de tout cela s'entendent théoriquement aujourd'hui, au sein de l'ONU, afin de ramener tout agresseur à la raison.

Si ces dispositions devaient rendre obsolète l'approche classique par laquelle la puissante nation frappe impunément, elles fonctionnent malheureusement fort mal et, pour ce qui nous concerne ici, ne protégèrent pas le Tibet.

Des résolutions de l'ONU en appelèrent en effet au respect des droits fondamentaux des Tibétains et reconnurent leur droit à l’autodétermination, qui inclut le choix d'un gouvernement. La Chine, qui se pose en libératrice du Tibet, bafoue tout cela alors même qu'elle rallia l'ONU en 1971.

La Chine est tenue de respecter ces résolutions

Ces résolutions correspondent à la Charte des Nations Unies, qui reprend explicitement la Charte de l'Atlantique dont les trois premiers articles établissent:

  1. Condamnation de toute annexion territoriale ;
  2. Respect de la volonté des peuples pour toute modification territoriale ;
  3. Droit des peuples à disposer d'eux-mêmes ;

Ces principes perdurent.

La Chine adopta cette charte en rejoignant l'ONU (1971), donc ne saurait prétendre que les résolutions ne la concernent pas parce qu'elles furent adoptées avant son admission.

Mépris des Droits de l'Homme au Tibet

Beaucoup de Français reprochent également à la Chine de négliger au Tibet les Droits de l'Homme.

Dès 1960 un comité international de juristes déclara que le gouvernement chinois entreprenait le génocide du peuple tibétain:

the International Committee of Jurists found the Chinese government guilty of committing genocide against the Tibetan people.

Lire à ce propos l'article 27 du rapport de la Cour Internationale de Justice établi en 1959.

Selon le Bureau National des Statistiques chinois la population des tibétains comptait 1 million d'individus de moins en 2000 qu'en 1959 (source):

  • 1959: 6,33 millions, donnée publiée par le Quotidien du Peuple chinois (Renmin Ribao, 人民日报) le 10 novembre 1959
  • 2000: 5,4 millions, selon le recensement effectué par le gouvernement chinois aux résultats publiés dans le China Statistical Yearbook 2003

Durant cette période la population des nations proches augmentait, doublant par exemple en Chine.

Tous les recensements font l'objet de controverses portant principalement sur leurs protocoles, en particulier les périmètres géographiques et ethniques, toutefois le groupe d'information sur le Tibet du Sénat français retient que:

si l'on doit donner une comptabilité des pertes en vies humaines depuis 1949, on estime à plus de 1,3 million le nombre de Tibétains (un cinquième de la population) morts directement ou indirectement du fait de l'occupation. De nombreux autres ont connu et connaissent les camps (laogaïs). La détention arbitraire est le plus souvent la règle. Certains passent plusieurs dizaines d'années en prison. Le recours à la torture y est généralisé, les mauvais traitements sont communs et les exécutions sommaires fréquentes. Le tiers des prisonniers politique est composé de moines et de nonnes. Les libertés d'expression et de réunion n'existent pas.

Caractère légal de l'invasion du Tibet par la Chine

Le Tibet n'était pas chinois dès le 13ème siècle

Selon certains « le Tibet a fait partie intégrante de la Chine à partir déjà du milieu du 13ème siècle sous la dynastie des Yuans, donc le Tibet est chinois ».

Les Yuans étaient des Mongols, non des Chinois. Aucun Mongol n'était alors Chinois. Les Yuans dominaient à l'époque, entre autres, le plus gros de la Chine ainsi que le Tibet et de nombreux autres territoires (aujourd'hui en Corée, Birmanie, Vietnam...) que, de façon peu cohérente, le gouvernement chinois ne revendique pas aujourd'hui. Ils furent chassés par la dynastie Ming (1368-1644) et régnèrent ensuite sur la Mongolie (c'est, aujourd'hui, un pays), tandis qu'en Chine les Ming les remplaçaient et ne disposaient plus du Tibet. Pour transposer ce critère de la prétendue appartenance passée ferait de la Belgique une possession de la France puisque l'Allemagne dominait ces deux pays en 1940.

Même l'argument selon lequel deux fois plus de Mongols sont aujourd'hui Chinois, donc que leurs conquêtes passées reviennent à la Chine, ou bien celui selon lequel les Ming, en chassant les Yuan, s'emparèrent du Tibet (la mainmise des Ming sur le Tibet fait l'objet d'une controverse) n'a pas de sens car le Tibet n'a pas été occupé de façon ininterrompue puisque la Chine le quitta par exemple en 1912 puis n'y réapparut, pour l'attaquer, qu'en 1950.

L'assertion « le Tibet est chinois depuis des siècles » est donc une fallace.

Toutes les zones géographiques furent administrées par divers peuples, choisir une période donnée afin de décréter que ceux qui régnaient alors (sans s'y maintenir ensuite) gagnèrent ainsi le droit de s'imposer aujourd'hui est au mieux naïf. Au VIIIème siècle des Tibétains s'emparèrent brièvement de la capitale de la Chine, ce qui leur offrirait moyen de la revendiquer aujourd'hui...

Les Tibétains des années 1940, après ces prétendus siècles de domination/assimilation... ne parlaient ni ne lisaient le chinois mandarin (de nombreux dialectes existent en Chine, la sinisation commence par l'acquisition de la forme écrite, qui est commune)!

Perspective historique

Selon le gouvernement chinois le Tibet est une province de la Chine, or cette dernière ne l'administra pas et n'y était pas représentée de 1912 à 1950, ce qui rend l'invasion illégale au regard du droit international.

Selon les autorités chinoises des provinces chinoises administrèrent le Tibet entre 1912 et 1950, mais nul élément probant ne conforte cette thèse.

La dynastie Mandchoue (ethnie alors ennemie des Chinois et à présent assimilée) Qing chassa les Ming en 1644 et le Tibet lui prêta allégeance, sans que la Chine gère ses affaires intérieures. Cette dynastie chuta en 1912, par l'abdication de l'empereur Puyi. Selon certains le Tibet n'avait prêté allégeance à cette dynastie mais à la Chine, toutefois cela importe peu car cette dernière l'abandonne alors: en avril la garnison chinoise stationnée à Lhassa (capitale du Tibet), après s'être mutinée, se rendit aux autorités tibétaines. Le Dalaï Lama d'alors revînt en juillet au Tibet et, fin 1912, les troupes chinoises avaient quitté le pays. Le Dalaï Lama proclama l'indépendance du Tibet qui resta isolé durant la première guerre mondiale tandis que des seigneurs de la guerre se disputaient la Chine et que les Occidentaux se battaient entre eux. En 1933 des Chinois s'installèrent mais n'administrèrent pas, le pouvoir restant entre les mains du Dalaï Lama. En Chine les communistes prirent le pouvoir en 1949 puis, l'année suivante, l'armée chinoise commença à envahir le Tibet. Des Tibétains se révoltèrent, surtout après 1956 (avec l'aide de la CIA, vraisemblablement désireuse d'ennuyer des communistes) et furent écrasés en 1959. La Chine dispose depuis de l'ensemble du Tibet et son admission au sein de l'ONU (1971) réduisit le volume des protestations officielles.

Indépendance du Tibet des lamas (1912-1950)

La Commission Internationale des Juristes (ICJ, non liée à l'ONU), en 1959, écrivait:

It is not necessary to go very far into the historical background of Tibet beyond stating that from 1912 to 1950 Tibet was virtually an independent country. No Chinese writ ran in Tibet: there was no Chinese law, no Chinese judge, no Chinese policemen on the street corner; there was no Chinese newspaper, no Chinese soldier and even no representative of the Chinese government.

Le Tibet présentait entre 1912 et 1950 toutes les caractéristiques d'un pays indépendant et la Chine n'a jamais pu exhiber de document prouvant le contraire, or il semble impossible d'administrer un pays après 1912 durant près de 40 ans sans un seul document écrit, tandis que de nombreuses preuves, par exemple des timbres émis durant cette période et ne devant manifestement rien à la Chine ainsi que le passeport tibétain de T. Shakapba, visé en 1947 et 1948 par de nombreux pays (y compris la Chine et la France, mais également l'Angleterre, l'Italie, les USA, la Suisse). Comment ces pays auraient-ils pu viser un passeport émis par un pays qu'ils ne reconnaissaient pas? Même en jugeant qu'un rien de désordre régnait chez les uns (surtout après la guerre, encore qu'il semble que cela avait plutôt aiguisé la défiance) et que d'autres ne comprenaient pas bien ce qui se tramait en Asie... était-il possible en 1947-1948 d'entrer dans l'un des pays cités avec un passeport arborant un nom de pays émetteur non reconnu?

L'invasion de 1950, étendue en 1959, était illégale puisque la Chine ne disposait plus du Tibet, donc les autres nations auraient dû l'interdire. Elles ne le firent pas, ce qui ne la légitime nullement. Le gouvernement chinois, en dépit du droit international, juge qu'il lui suffit de considérer un territoire comme sien pour que ce soit le cas.

En 1997 la Commission Internationale des Juristes rappela le droit du peuple tibétain à l'autodétermination:
in an exhaustive study "Tibet: Human Rights and the Rule of Law," (1997) the ICJ concluded that the Tibetan people have a right to self-determination and that a referendum of the Tibetan people to determine the future status of the region would significantly contribute to resolving the political conflict in Tibet.

Les revendications des Tibétains qui appellent à l'aide et protestent sur la scène internationale et résistent au Tibet même sont par conséquent recevables.

Pourquoi la Chine s'intéresse-t-elle au Tibet?

Si la province chinoise du Qinghai (englobant le plus gros de l'ancien Amdo tibétain, où le Dalaï Lama naquit) et le Tibet aménageaient leurs fleuves et rivières (Yangtse, Rivière Jaune, Yarlung Tsangpo...) la Chine privée d'un tiers de son eau serait rapidement contrainte de leur déclarer la guerre à outrance. D'une certaine façon l'occupation, nombreuses exactions comprises, constituerait un moindre mal si la négociation, que seul le gouvernement chinois refuse, était exclue.

Le Tibet regorge de minerai (cuivre, chrome, borax, lithium, uranium, or, potassium, magnésium, zinc, plomb, cobalt...), de pétrole et de charbon ainsi que de bois, éléments déterminants pour le développement de l'industrie chinoise dont la possession du Tibet assure l'approvisionnement indépendamment d'autres nations tout en réduisant les effets pervers de la flambée de leurs cours sur les marchés internationaux.

Une négociation du gouvernement chinois avec le Tibet inspirerait certaines des autres provinces les plus mal intégrées, les conduisant peut-être à l'indépendance et instillerait une forme de démocratie dont, entre autres, l'effet de transparence et d'ouverture dans la conduite des affaires publiques (glasnost) semble redouté.

Sur le plan stratégique la Chine ne souhaite semble-t-il pas l'abandonner car il constitue une vaste zone tampon, à l'Ouest de son territoire principal, d'autant plus facile à saisir qu'aucune autre puissance majeure ne le revendique.

Le Tibet (20% de la surface de la Chine d'aujourd'hui) offre également des zones habitables.

Le gouvernement chinois sait la Chine militairement plus forte que le Tibet(!) et capable de s'en emparer puis de le conserver sans rencontrer de résistance militaire gênante donc à faible coût et risque. Il mise sur la veulerie des autres nations et celle des instances internationales. Ce mode de raisonnement porte ses fruits.

La Chine n'a pas libéré les Tibétains

Certains jugent que la Chine, en 1950, fit bien de renverser au Tibet une théocratie féodale, mauvaise gestionnaire et assez répressive, afin de la remplacer par un régime plus démocratique. C'est voir en la Chine de la seconde moitié du XXème serait un bon allié en matière de lutte contre la famine et la répression politique, ce qui relève d'une ahurissante mauvaise foi: Grand Bond en Avant attisant (de l'aveu même des autorités) l'effroyable famine de 1959-1962, Révolution Culturelle et ses meurtriers Gardes Rouges...

De toutes façons les Tibétains n'appelaient pas à l'aide dans les années 1912-50, alors qu'explorateurs, missionnaires, voyageurs, spiritualistes et militaires Occidentaux y circulaient voire séjournaient depuis le XVIIème, propageant leurs idées. Il n'était pas secoué de révolutions/séditions/jacqueries/émeutes... alors qu'il l'est depuis l'entrée de l'armée chinoise et sa fermeture, car l'étranger n'y circule plus librement ni ne peut y parler à n'importe qui.

Par ailleurs qui voit en la Chine le gestionnaire de fait du Tibet depuis des siècles... fait d'elle le complice de cette soi-disant théocratie féodale des lamas!

Sur le plan de la cohérence le gouvernement chinois ne brille une fois de plus pas car il s'arrogea, par l'invasion donnée pour libératrice de 1950, un droit d'ingérence dans les affaires du peuple tibétain qu'il refuse à présent à la communauté internationale.

Abolition de l'esclavage

Le gouvernement chinois a longtemps prétendu libérer les Tibétains de l'esclavage. Les experts Occidentaux, toutefois, ne partagent pas ce point de vue.

Katia Buffetrille, tibétologue et ethnologue à l'École pratique des hautes études confiait par exemple au journal Le Monde (article paru le 23 mars 2008):

((Le Monde:)) Le Parti communiste chinois prétend avoir "libéré" le Tibet de la noblesse esclavagiste. Existait-il un "esclavage" au Tibet avant 1949 ?
((K. Buffetrille)): Le mot "esclave" est parfaitement impropre. Très schématiquement, on peut dire que le Tibet était une société à strates, très hiérarchisée ((...)) Le terme de "serfs", appliqué aux paysans, est contesté par certains tibétologues, qui préfèrent celui de "gens du commun" ou "sujets". En fait, les paysans, la grande majorité du peuple, étaient héréditairement liés à la terre et devaient des taxes qui étaient versées en argent, en nature, mais la plupart étaient sous forme de travail, essentiellement le travail de la terre. En dépit de cette structure qui peut paraître rigide, il y avait en fait une grande flexibilité. Ces paysans avaient des devoirs mais jouissaient aussi de droits. Les seigneurs n'avaient aucunement pouvoir de vie et de mort sur eux. Il ne s'agissait pas du tout d'un système idéal, mais il n'avait rien à voir avec de l'esclavage.

On peut préférer les assertions du gouvernement chinois, dont tout un chacun connaît la rigueur scientifique et la probité et qui, à présent, ne prétend plus qu'il s'agissait d'esclavage qu'auprès de ses sujets, préférant s'en tenir à l'extérieur au « servage féodal » (feodal serfdom).

À présent les Tibétains sont des serfs de la Chine puisqu'elle les enferme et exploite contre leur volonté.

La Chine développe l'exploitation du Tibet

Des statistiques chinoises posent par exemple qu'au Tibet l'espérance de vie augmente tandis que la mortalité infantile décroît. Ces constats semblent biaisés par le périmètre des observations, qui porteraient surtout sur des populations installées depuis l'invasion et des Tibétains collaborant avec les Chinois. Dans la campagne tibétaine, selon les visiteurs Occidentaux, rien n'a changé.

Il en va de même du produit de la vente du minerai du Tibet, données pour profiter à cette province. En pratique elles paient des infrastructures offrant moyen de mieux l'exploiter.

Tout cela n'apporte guère au Tibet où, en prime, le gouvernement chinois entrepose des déchets nucléaires.

Par ailleurs les autorités chinoises offrent aux Tibétains qui collaborent avec elle de non négligeables avantages (postes, salaires, prébendes, enseignement supérieur en tibétain, bien nettoyé et délivré loin du Tibet...) puis les présentent comme s'ils étaient représentatifs du sort comme des aspirations de l'ensemble du peuple tibétain.

Les Tibétains, avant l'invasion, ne se plaignaient de leur sort ni n'étaient maintenus isolés, enfermés ou sous la censure. Il n'y avait aucune raison de les libérer (ou autre fadaise/prétexte) violemment, comme la Chine l'a fait. Que n'a-t-elle proposé un projet d'alphabétisation, plutôt qu'une armée!

Selon la Chine la résistance tibétaine serait du terrorisme

Entre 1940 et 1945 lorsque des résistants français attaquaient des nazis en France ces derniers condamnaient eux aussi ces terroristes...

Le peu de liberté accordée au Tibet par le gouvernement chinois aux observateurs et media, surtout durant les protestations de Tibétains, exacerbe la défiance. Pourquoi cacher, sinon pour mentir ou échapper à l'opprobre? Cette censure, malgré laquelle des informations parfois étayées parviennent en Occident, réduit à néant l'argument selon lequel nul ne saurait traiter du Tibet sans s'y rendre comme la prétendue équité des autorités chinoises (en particulier lors des procès).

Que veulent les Tibétains contestataires?

Le gros d'entre eux, Dalaï Lama en tête, sait l'autonomie à présent hors de portée du Tibet. Ils veulent toutefois que les abus de l'occupant cessent. Ils souhaitent disposer d'eux-mêmes, en particulier sur le plan social (linguistique, culturel et religieux). Un traité établissant une sorte de protectorat en délimitant ce que la Chine peut ou doit décider et faire, librement élaboré et accepté puis mis en application, si nécessaire avec l'aide d'instances internationales reconnues neutres par les deux parties, améliorerait vraisemblablement la situation.

Le gouvernement chinois, en acceptant de négocier, rendrait peut-être patente la mauvaise foi qu'il prête au Dalaï Lama.

D'autre part beaucoup de jeunes Tibétains, après cinquante ans d'hypocrisie ou d'indifférence des tiers, veulent en découdre.

Les Occidentaux n'ont-ils pas eux-mêmes commis ce qu'ils reprochent à la Chine (Croisades, colonialisme, Irak...) ?

Coupables comme victimes des ignominies du passé (Croisades, colonialisme, Guerres de l'Opium...) sont à présent morts, ce qui réduit l'urgence et la portée pratique du problème, sans rien ôter à son importance ou à son intérêt, tandis que le Tibet est occupé en ce moment.

De surcroît le droit international n'avait pas cours du temps des Croisades,des Guerres de l'Opium ou durant le plus gros du colonialisme conquérant, tandis qu'on reproche aujourd'hui à la Chine d'occuper le Tibet en fonction d'éléments du droit international en vigueur lorsqu'elle y pénétra (dans les années 50) auxquels elle ne peut qu'adhérer puisqu'elle est membre de l'ONU.

En ce qui concerne l'Irak rappelons que le Tibet n'avait pas envahi de pays voisin (l'Irak mena une guerre meurtrière contre l'Iran puis tenta de s'emparer du Koweït) ni ne s'armait. D'autre part les US y organisèrent des élections et ne l'occupent pas depuis environ 50 ans.

Lire dans les turpitudes des uns, avérées ou non, autant d'excuses pour celles des autres (occupation du Tibet) est puéril, c'est l'astuce de l'enfant auquel on reproche quelque chose et qui rétorque « Oui, mais tu ne peux me le reprocher car mon cousin a fait encore pire! ». Les erreurs passées sont ce qu'il convient d'éviter plutôt que des exemples ou autorisations.

Le cas de la France

Selon certains le cas du Tibet est identique à celui de zones dominées par la France où des mouvements d'indépendance s'agitent (Nouvelle Calédonie, Polynésie française, Corse, pays Basque, Savoie, Bretagne...). C'est abusif car chacun peut y circuler librement, l'armée française n'y est pas omniprésente, elle n'en chasse jamais les étrangers sous prétexte d'agitation, n'y combat pas régulièrement des séditions en tirant dans la rue sur des civils puis en emprisonnant après des procès non auditables par les instances internationales et dans au moins un cas (Nouvelle-Calédonie) un référendum d'autodétermination est prévu.

De nombreux pays reconnaissent l'appartenance du Tibet à la Chine

La France a plusieurs fois affirmé que le Tibet appartient à la Chine, vraisemblablement afin de commercer avec la Chine et "grâce" aux "conseils avisés" de sinologues que nous imaginons endoctrinés par le gouvernement chinois voire acquis à sa cause. C'est à notre sens regrettable. De faibles lumières brillèrent parfois, par exemple la visite du Dalaï Lama fin 1998 (le gouvernement chinois lutta afin d'en obtenir l'annulation mais J. Chirac, une fois n'est pas coutume, ne lui céda pas) ainsi que les protestations de quelques officiels durant le parcours à Paris de la flamme olympique dix ans plus tard.

Le fait que le gouvernement français se déculotte, tout comme le fait l'ONU, n'y contraint nullement les citoyens. Dans certains pays nul n'est contraint d'adopter les thèses du gouvernement ...

Pourquoi nombre de Chinois embrassent-ils des thèses, même ineptes, du gouvernement chinois?

Endoctrinement

Peut-être parce que les Chinois ont été endoctrinés, vraisemblablement sur les bancs de l'école, de sorte que pour eux des formules telles que « le Tibet est chinois! » ainsi que « qui ne considère pas le Tibet comme faisant partie de la Chine est un Ennemi de Tous les Chinois » revêtent un caractère dogmatique, donc qu'ils veulent ne pas prendre en compte à ce propos de raisonnement étayé ou percevoir les failles béantes des thèses officielles du gouvernement chinois.

En Chine les autorités endoctrinent depuis longtemps afin que certaines opinions transmutent qui les professe en ennemi de la Chine et des Chinois, alors même qu'il n'en critique que le seul gouvernement. L'état d'esprit distillé, selon lequel « nul n'est Chinois sans être patriote et tout patriote juge que le Tibet appartient à la Chine » ménage une sorte de tabou interdisant de considérer objectivement les faits et d'argumenter rationnellement.

Les monceaux de documents, témoignages, études et rapports de toutes provenances accumulés depuis les années 50 (dont voici un exemple) ne sont, selon les autorités, que vile propagande et l'armée ne commit pas d'exaction majeure au Tibet.

L'intelligence comme les connaissances d'un peuple ne réduisent en rien l'efficacité d'un endoctrinement. Cela peut étonner, toutefois rappelons que d'autres mots d'ordre (Gardes Rouges, des Khmers de la même couleur, Français durant les guerres de Religion, Allemands durant le IIIème Reich...) furent plus dévastateurs.

Le mensonge au service du rêve

Pour ce que nous en comprenons le Chinois rêve d'une Grande Chine rassemblant harmonieusement toutes les ethnies... même contre leurs volontés. L'endoctrinement qui rend tous les autres possibles (voire les secrète) consiste peut-être à donner cette mission civilisatrice de sinisation pour si magnifique qu'il justifierait tout, y compris le pieux mensonge (par exemple la négation du manque d'enthousiasme de certaines ethnies) donc commanderait d'adhérer aux thèses des autorités.

Nul ne saurait refuser si sublime espoir! Faisons le bien des exceptions malgré elles!

Le gouvernement chinois réduit l'opposition, dans tous les sens de ce verbe (en la présentant comme minoritaire et en la combattant par tous les moyens) donc rend les bulletins officiels d'« information » lénifiants quant à l'impact de la répression, modérant le sentiment de culpabilité des citoyens.

Les media le confirment: une semonce suffit à mettre en déroute les rares terroristes de l'indépendantisme. Acquittons ce menu octroi pour l'accomplissement d'un rêve partagé par tous les humains de bonne volonté!

Saupoudrons le tout de la béate satisfaction et, parfois, de l'émulation induites par la permanente unanimité comme par l'union sacrée face aux critiques.

Cette négation de ce qui semble fâcheux existe en Occident où, de façon semblable, le politiquement correct interdit de traiter objectivement de certaines choses. Cette forme d'exploitation de l'espoir participe de la croyance selon laquelle mal décrire une déplaisante réalité, en l'embellissant si nécessaire par le mensonge (à tout le moins par omission), l'améliorera peu à peu.

Si, comme toute chose, un embarras n'existe vraiment pour nous qu'après avoir été nommé, ne plus en parler ne provoquera vraisemblablement pas sa disparition.

« Respect de l'individu », en chinois, est-il distinct d'« individualisme »? Ce dernier terme est-il péjoratif?

Amalgame ménageant le gouvernement

Toute critique de la politique du gouvernement chinois au Tibet est interprétée par ses tenants comme une arbitraire déclaration d'hostilité adressée à tous les Chinois.
Amalgamer ainsi est absurde car ce gouvernement n'est pas représentatif (pas élu) et puéril (lorsque l'on adresse reproche à un enfant il rétorque parfois «Tu ne m'aimes pas, tu me veux du mal!»). Cela dissimule mal l'incapacité à justifier l'invasion de façon rationnelle et respectueuse du droit international.

D'autre part le gouvernement chinois inculque, y compris par les voies les plus détournées, que la démocratie ne saurait fonctionner en Chine. On lit ainsi qu'elle:

provoquerait tout d'abord une immense famine puis d'épouvantables désordres
... ce qui n'est pas démontré. Divers pays plus démocratiques ne connaissent pas ces affres
fonctionne mal en Occident
... négligeant que cela ne démontre pas la meilleure adéquation de l'autoritarisme en Chine
est inutile car le niveau de vie augmente sans cesse et plus vite que partout ailleurs
... qui ne montre en rien que la démocratie enrayerait cela ni n'offrirait d'autres bienfaits. Par ailleurs la dynamique économique de la Chine doit semble-t-il, par le biais de l'initiative privée, à une forme de démocratisation.

Pis: peu de Chinois souhaitent relayer des critiques qui les éloigneraient des leurs sans vraisemblablement les rapprocher de ceux qui critiquent la Chine. D'autre part la violence des « réactions populaires » frappant tout auteur d'une simple mise en perspective augmente sans cesse. Certaines pourraient être téléguidées par le gouvernement (astroturfing), en une version édulcorée de l'approche efficace durant la Révolution Culturelle.

Nombre d'Occidentaux ne confondent pas un peuple et son gouvernement. L'habileté du gouvernement chinois à cultiver cet amalgame, visant à faire de tout Chinois son inconditionnel avocat, n'y changera rien.

Manipulation de l'opinion occidentale

Qualité des media occidentaux

La qualité de l'illustration d'articles de la presse occidentale (en particulier sa pertinence) laisse souvent à désirer. La censure chinoise au Tibet rend les photographies rares et, l'éloignement augmentant l'ignorance, des articles sont souvent fort mal illustrés. Des photographies de policiers Népalais ou Indiens « gérant » une manifestation de Tibétains illustrèrent ainsi des articles traitant de la répression chinoise au Tibet! Des Chinois emploient ce genre de distorsion afin de rejeter l'ensemble des éléments présentés. Selon eux elles révèlent le peu de cohérence de la quête occidentale d'objectivité, voire son caractère utopique, à laquelle le plus confortable nationalisme semble dès lors préférable.

Le terrain médiatique, comme le Tibet, est gardé...

Les instances défendant le Tibet ne disposent pas d'autant de moyens que le gouvernement chinois, dont les émissaires ou agents de plus en plus omniprésents (par exemple sur le Web) répondent systématiquement sans relever les arguments solides gênants ou en leur opposant inlassablement des thèses réfutées. Ils promeuvent, en rang serrés, des assertions préformatées et empreintes de subjectivité, dont la répétition empreint peu à peu le lectorat (un mensonge suffisamment répété devient vérité, surtout faute d'être systématiquement réfuté). Leurs contradicteurs forment un groupe disparate répondant sur un plan plus souvent moral et politique plutôt qu'analytique et légal donc plus objectif.

Certains Chinois font d'Occidentaux ralliés à leurs avis, par exemple messieurs Mélenchon et Engdahl, des sortes d'étendards...

M. Mélenchon
Interview « Chinois libérateurs »

La plaidoirie de M. Melenchon (« les chinois firent bien d'envahir le Tibet car il y abattirent ainsi une théocratie ») reste peu convaincante car manifeste surtout un anticléricalisme aveugle à la volonté des concernés: les Tibétains étaient en contact avec le monde extérieur (des missionnaires chrétiens œuvraient au Tibet au XIXème) et ne demandèrent pas à qui que ce soit de les délivrer de leurs moines.

Il lit dans ce conflit une lutte de forces démocratiques contre des obscurantistes, oubliant qu'un démocrate ne saurait négliger ici, comme il le fait, l'opinion des Tibétains.

Il écrit ailleurs « Si l'on voulait mettre en cause le régime de Pékin il fallait le faire au moment du choix de Pékin pour les jeux », oubliant que le gouvernement chinois s'était engagé, afin d'obtenir les JO, à mieux respecter les Droits de l'Homme... puis boucla le Tibet et y tira sur des civils.

Par ailleurs il n'apprécie guère que des soldats chinois tirent sur des civils.

Charte du gouvernement tibétain en exil

Un texte de M. Mélanchon critique la Charte du gouvernement tibétain en exil, donc un ectoplasme car ce dernier ne dirige pas de pays. Il y dénonce un « projet théocratique » alors qu'il ne s'agit ni d'un projet, ni d'un régime et que cela n'a pas d'effet pratique (il ne peut d'ailleurs citer de décision ou d'action non démocratique de ce «gouvernement»).

En résumé la Charte ainsi critiquée n'est pas la Constitution du futur Tibet libre, elle offre au Dalaï Lama des pouvoirs dont il ne peut user (puisque le gouvernement en exil, qui adopta cette charte, ne dirige rien), qu'il n'utilisa pas (qui peut exhiber un fait montrant qu'il l'a fait?) et dont il affirme qu'il ne veut pas, car ils ne sont pas compatibles avec la démocratie, en ces termes:

In deference to the wishes of the people, as I stated earlier, and circumstances prevailing at that time, the constitution gave the ultimate authority of the government to the Dalai Lama. Naturally, I was not satisfied with this clause. I felt that this constitution fell far short of my aim for a genuine democracy.

Les véritables propositions du Dalaï Lama relatives à un hypothétique Tibet libre reposent sur un gouvernement élu dont le DL ne serait pas membre et sur une Assemblée Constituante tout aussi élue:

Once Tibet regains its freedom and the Chinese forces are withdrawn, there will be a transitional period before the adoption of a new constitution. ((...)) The interim government will be headed by a president, who will assume all the political powers presently held by me. The present Tibetan Government-in-Exile will be considered dissolved ipso facto. ((...)) The principal responsibility of the transitional government will be to form a Constituent Assembly with representatives from all parts of Tibet. The Constituent Assembly, in turn, will prepare Tibet's new constitution on the basis of various drafts prepared in exile. This new constitution will be adopted only with the assent of the interim President. Then, in accordance with the constitution, the interim President will appoint an Election Commission, which will conduct the election of the new government.

M. Mélenchon se pose en défenseur de la démocratie pour critiquer un ectoplasme qu'il baptise abusivement «projet», au lieu de s'intéresser à des faits donc d'exiger que la Chine organise un référendum d'autodétermination au Tibet, et néglige ou ignore le véritable projet (parfaitement démocratique).

F. William Engdahl

M. Engdahl, quant à lui, espère montrer que diverses puissances, menées par les États-Unis d'Amérique en quête d'hégémonie, exploitent le Tibet afin d'affaiblir la Chine, que le Dalaï Lama bricola avec la CIA, que l'Inde pourrait gagner à obéir aux américains... C'est peut être le cas. Ou pas. Cela ne change rien au caractère illégal de l'invasion et des exactions commises.

Selon M. Engdahl des Tibétains se révoltent parce que Washington les manipule...


Cas des Chinois expatriés en Occident

Dans le cas du Tibet l'immense majorité des Chinois installés à l'étranger, a priori non contraints au mensonge d'État (?), n'admettent pas l'évidence et, pis, le gros d'entre eux défend les inepties de leur gouvernement censées justifier l'occupation.

Les parents endoctrinés espèrent peut-être protéger (socialement) leur progéniture en leur inculquant le dogme.

Certains Chinois expatriés ménagent-ils ainsi, par une obédience peut-être feinte, la tranquillité de leurs familles et amis restés en Chine, ou un possible retour(?) Ou bien une tension avec leurs amis Français est-elle préférable au risque induit par un refus explicite du dogme? En ce cas est-il vraiment nécessaire de mentir effrontément (et vainement) en privé à leurs amis Français, plutôt que de se tenir coi? Leur adhésion reste difficile à tolérer pour nombre d'Occidentaux, malgré notre respect pour eux. Seul l'affairisme modère un rien cela et contraint des gouvernements occidentaux à un assentiment souvent feint, toutefois non unanime et ne correspondant guère à l'opinion publique.

La violence de cet endoctrinement est parfois patente (cas de Grace Wang).

Le gouvernement chinois affirme écouter ceux qui respectent ses dogmes

... sans respecter lui-même ceux (religieux) des Tibétains ni ce que l'ONU, qu'il rallia, défend.

De surcroît les assertions de la ligne du Parti présupposent la domination absolue de la Chine sur le Tibet, ce qui n'invite guère à négocier (est-ce seulement possible avec qui se déclare d'emblée maître absolu?).

Paradoxe du nationalisme

En prolongeant ce que releva Chang Ping dans le journal Nanfang Zhoumo (南方周末) on demandera pourquoi nous devrions respecter le nationalisme du gouvernement chinois qui, par ailleurs, interdit celui de Tibétains!

En quoi l'opinion des Chinois importe-t-elle?

Le gouvernement chinois serait peut-être contraint de changer de politique si la majorité des Chinois n'adoptait pas aveuglément ses thèses.

Pourquoi la situation semble-t-elle bloquée?

Peut-être parce qu'en envahissant violemment le Tibet dans les années 50, au lieu de tenter d'établir un protectorat régi par traité, les dirigeants chinois d'alors enfermèrent ceux d'aujourd'hui, limitèrent leur capacité de décision au point qu'ils ne peuvent que tenter d'évacuer la question en la considérant comme relevant de la politique intérieure, alors même que le contexte légal de l'invasion et les réactions de nombreux Tibétains comme de l'Assemblée Générale de l'ONU (dont la Chine est membre) ôtent tout crédit à cela.

La pression internationale pourrait dans un premier temps les contraindre à moins d'hypocrisie. Puis un grand homme, de la trempe de Deng Xiaoping, disposerait du courage et de la capacité nécessaires.

Des intellectuels chinois en appellent eux aussi à un dialogue (VF).

Boycott des JO de 2008

La Chine populaire nous invite semble-t-il à négliger les questions d'ordre politique durant la trève offerte par les Jeux Olympiques... mais n'en fit rien elle-même car les boycotta pour des raisons de cette nature!

Dès 1956, par exemple, elle boycotta les JO car "Formose" (Taïwan, son ennemi politique) y participait.

Elle réédita cet exploit en 1976 (Taïwan en fit autant, pour le motif réciproque).

En 1980 (jeux de Moscou) elle boycotta les JO, sur proposition des USA, afin de protester contre l'invasion de l'Afghanistan par l'URSS!

À chacun sa vérité et à chacun son boycott, en somme... Contradictions, hypocrisies...

Documents

  • Tibet.com, site du gouvernement tibétain en exil