Le Tibet et la Chine

De fr.discu.org
Aller à : navigation, rechercher

Auteur: Nat Makarevitch

Sommaire

En résumé ... questions aux tenants des positions du gouvernement chinois

L'Assemblée Générale de l'ONU adopta en 1961 la résolution 1723 dont voici un extrait:

((L'Assemblée Générale...)) Solemnly renews its calls for the cessation of practices which deprive the Tibetan people of their fundamental human rights and freedoms, including their right to self-determination ;

Voici quelques questions:

  1. Cette résolution rappelle-t-elle le droit à l'autodétermination du peuple tibétain?
  2. L'ONU est-elle habilitée à juger de ce droit?
  3. Dans l'absolu les Tibétains étaient-ils bien un peuple, autrement dit (en ce qui nous concerne ici) étaient-ils non sinisés dans les années 1950?
  4. La formule their right to self-determination est-elle incompatible avec une suzeraineté tierce, mainmise chinoise comprise, décidée puis maintenue sans consulter les Tibétains?
  5. La Chine néglige-t-elle ce droit depuis son entrée au Tibet?
  6. Le fait que la Chine néglige cette résolution tout en étant membre de l'ONU et se pose en libératrice du peuple tibétain, bafoue son droit à l'autodétermination, exploite les ressources du Tibet et y tire (après avoir chassé les témoin, dans la rue et sans procès) sur des civils dépourvus d'armes à feu, montre-t-il son hypocrisie et sa mauvaise foi?

Si vous répondez "OUI" à toutes ces questions... fermons le ban. Sinon merci de me communiquer vos réponses.

Chine et Tibet: quel est le problème?

Le parti-pris (pris par le Parti?), ici celui du nationalisme chinois qui s'approprie le Tibet, ne nous pèse pas. Les Chinois peuvent croire ce qui leur semble bon (tout ciment social agrège de la matière douteuse et le fait d'y ajouter foi constitue une sorte de gage concédé à la communauté). Toutefois lorsque circulent des diatribes, manifestement sincères, relevant des comportements jugés abusifs de français complices de chahuteurs de flamme Olympique (en 2008) nous devons à notre respect pour les Chinois d'exposer le point de vue de nombreux Occidentaux.

Révolte de mars 2008

Des documents publiés par Wikileaks laissent deviner l'ampleur réelle de la révolte.

Mathieu Ricard (auteur d'Habits of happiness), durant un chat accordé le 7 avril 2008 au journal Le Monde, affirma que:

... beaucoup de Tibétains ont perdu leur travail à la suite de l'afflux d'immigrants chinois, à cause du train. C'est l'accentuation de la sédentarisation forcée des nomades, l'intensification de la rééducation patriotique dans les monastères. Tout cela a augmenté le mécontentement et déclenché les émeutes.

Le premier aspect, ce sont des laïques qui ont été rejoints par quelques moines et qui se sont promenés avec un drapeau tibétain dans Lhassa le 10 mars au matin. Ensuite, les manifestations se sont accentuées jusqu'au 14. Ce sont de jeunes Tibétains qui ont mis le feu à des boutiques, il y a eu cinq ou six morts parmi les Chinois. Cela s'est passé dans le quartier central de Lhassa. Bien qu'il y ait eu 10 000 policiers, ils ne sont pas intervenus le 14, et on soupçonne que c'était pour laisser la situation s'envenimer et justifier leur répression.

Mais le 14 dans l'après-midi, dans des quartiers périphériques de Lhassa, le quartier de Drapchi et Karma Gonsar, loin des témoins occidentaux, la police a tiré à balles réelles et il y a eu 67 morts ce jour-là. En tout, à ce jour, nous avons les noms de 192 morts tibétains et 2 300 arrestations confirmées de personnes qui maintenant ont disparu.

Les procès qui s'ensuivirent furent critiqués.

Nationalisme, relativisme... et droit

Le gouvernement chinois a érigé le dogme par lequel il fait du Tibet l'une de ses provinces au rang d'élément fondamental du nationalisme chinois. Certains en appellent au respect de cela, sans considération quant aux effets sur les Tibétains, non concernés par ce que veut la Chine puisqu'ils ne sont pas sinisés et n'ont pas manifesté le désir de l'être.

Le droit international, plus pertinent et accepté par la Chine puisqu'elle est membre de l'ONU, offre moyen d'éviter ce relativisme culturel.

La Chine bafoue les droits du peuple tibétain

Beaucoup d'Occidentaux reprochent aujourd'hui à la Chine d'occuper le Tibet d'une façon prohibée par le droit international public (pour circonscrire: de ce que l'ONU déclare défendre).

Afin de tenter de préserver la paix le droit international offre aux nations et peuples, depuis le Traité de Versailles, quelques menues garanties. Il rend l'analyse d'une situation aussi objective que possible car définit clairement ce qui est autorisé et interdit. Les nations soucieuses de tout cela s'entendent théoriquement aujourd'hui, au sein de l'ONU, afin de ramener tout agresseur à la raison.

Si ces dispositions devaient rendre obsolète l'approche classique par laquelle la puissante nation frappe impunément, elles fonctionnent malheureusement fort mal et, pour ce qui nous concerne ici, ne protégèrent pas le Tibet.

Des résolutions de l'ONU en appelèrent en effet au respect des droits fondamentaux des Tibétains et reconnurent leur droit à l’autodétermination, qui inclut le choix d'un gouvernement. La Chine, qui se pose en libératrice du Tibet, bafoue tout cela alors même qu'elle rallia l'ONU en 1971.

La Chine ne peut, sans hypocrisie, négliger ces résolutions

Ces résolutions correspondent à la Charte des Nations Unies, qui reprend explicitement la Charte de l'Atlantique dont les trois premiers articles établissent:

  1. Condamnation de toute annexion territoriale ;
  2. Respect de la volonté des peuples pour toute modification territoriale ;
  3. Droit des peuples à disposer d'eux-mêmes ;

Ces principes perdurent.

La Chine adopta cette charte en rejoignant l'ONU donc ne saurait prétendre que ces principes et résolutions ne la concernent pas parce qu'ils furent adoptés avant son admission.

Mépris des Droits de l'Homme au Tibet

Beaucoup de Français reprochent également à la Chine de négliger au Tibet les Droits de l'Homme.

Dès 1959 la Commission internationale des juristes déclara que le gouvernement chinois entreprenait le génocide du peuple tibétain (article 27).

Selon le Bureau National des Statistiques chinois la population des tibétains comptait 1 million d'individus de moins en 2000 qu'en 1959:

  • 1959: 6,33 millions, donnée publiée par le Quotidien du Peuple chinois (Renmin Ribao, 人民日报) le 10 novembre 1959
  • 2000: 5,4 millions, selon le recensement effectué par le gouvernement chinois aux résultats publiés dans le China Statistical Yearbook 2003

Durant cette période la population des nations proches augmentait, doublant par exemple en Chine.

Tous les recensements font l'objet de controverses portant principalement sur leurs protocoles, en particulier les périmètres géographiques et ethniques, toutefois le groupe d'information sur le Tibet du Sénat français retient que:

si l'on doit donner une comptabilité des pertes en vies humaines depuis 1949, on estime à plus de 1,3 million le nombre de Tibétains (un cinquième de la population) morts directement ou indirectement du fait de l'occupation. De nombreux autres ont connu et connaissent les camps (laogaïs). La détention arbitraire est le plus souvent la règle. Certains passent plusieurs dizaines d'années en prison. Le recours à la torture y est généralisé, les mauvais traitements sont communs et les exécutions sommaires fréquentes. Le tiers des prisonniers politique est composé de moines et de nonnes. Les libertés d'expression et de réunion n'existent pas.

Histoire

Le Tibet n'était pas chinois dès le 13e siècle

Selon certains « le Tibet a fait partie intégrante de la Chine à partir du milieu du 13e siècle sous la dynastie Yuan, donc le Tibet est chinois ».

Les Yuan étaient des mongols (ethnie), non des chinois. Aucun mongol n'était alors chinois. Les Yuan dominaient à l'époque, entre autres, le plus gros de la Chine et s'y installèrent. Selon certains cela ferait d'eux des chinois, alors que même l'histoire officielle chinoise précise que ces « envahisseurs étrangers » seront chassés par les Ming.

Les Yuan dominaient également le Tibet, c'est l'une des raisons pour lesquelles le gouvernement chinois le revendique, ainsi de nombreux autres territoires (aujourd'hui en Corée, Birmanie, Vietnam...) que, de façon peu cohérente, il ne réclame pas.

En transposant ce critère de la prétendue appartenance passée on ferait de la Belgique une possession de la France d'aujourd'hui puisque l'Allemagne dominait ces deux pays en 1940.

L'argument selon lequel deux fois plus de mongols (ethnie) sont aujourd'hui Chinois (nationalité), donc que leurs conquêtes passées reviendraient à la Chine, n'est pas pertinent car n'était pas vrai au 13e et ne l'est pas davantage aujourd'hui puisque la Mongolie est un pays, situé dans la zone même d'où vinrent les Yuan et où ils retournèrent après avoir été chassés par les Ming. Ils continuèrent ensuite de régner sur les Mongols, donc en faire une « dynastie devenue chinoise » est inepte.

Selon le PC chinois la dynastie Ming, qui chassa les Yuan et leur succéda, domina le Tibet mais les savants Occidentaux affirment que ce n'était pas le cas.

L'assertion « le Tibet est chinois depuis des siècles » est donc une fallace.

Toutes les zones géographiques furent administrées par divers peuples, choisir une période donnée afin de décréter que ceux qui régnaient alors (sans s'y maintenir ensuite) gagnèrent ainsi le droit de s'imposer aujourd'hui est au mieux naïf. Au 8e siècle des Tibétains s'emparèrent brièvement de la capitale de la Chine, ce qui leur offrirait moyen de la revendiquer aujourd'hui...

Coiffe noire du Karmapa

Selon certains le don d'une coiffe noire par un empereur chinois, au XIVe siècle, prouverait une forte emprise de la Chine. Cette vision amalgame abusivement le symbolique, le diplomatique et le politique. En résumé la coiffe noire est d'ordre symbolique, sa version terrestre a été offerte par un empereur chinois bouddhiste, qui agissait en tant que fidèle plutôt qu'en tant que maître (un maître offre rarement à un vassal...). L'importance de la version terrestre de la coiffe est si faible qu'une réplique a été réalisée au XXe et que l'on ignore à présent laquelle des deux coiffes existantes est la réplique. Seul le symbole importe. Y lire signe d'une allégeance politique du Tibet à la Chine est du dernier grotesque.

De 1644 à 1912

La dynastie Mandchoue (ethnie alors ennemie des Chinois et à présent assimilée) Qing chassa les Ming en 1644 et le Tibet lui prêta allégeance, sans que la Chine gère ses affaires intérieures.

Selon certains le Tibet n'avait prêté allégeance à cette dynastie mais à la Chine, toutefois cela importe peu car cette dernière l'abandonnera en 1912 (ses fonctionnaires et soldats quittèrent le Tibet), lors de la chute de la dynastie Qing (abdication de Puyi, le Dernier Empereur).

Indépendance du Tibet des lamas (1912-1950)

Le Dalaï Lama proclama l'indépendance du Tibet qui resta isolé durant la première guerre mondiale tandis que des seigneurs de la guerre se disputaient la Chine et que les Occidentaux se battaient entre eux.

Apparences trompeuses

Selon le PC chinois des autorités chinoises administrèrent le Tibet entre 1912 et 1950, mais nul élément probant ne conforte cette thèse. La Chine ne le défendit par exemple pas lors de l'«expédition» menée par l'anglais Younghusband en 1904 (à l'orée de laquelle le gouverneur général des Indes Curzon jugea que China did not have any power or authority to compel the Tibetan government). Les Chinois prétendaient gouverner la région mais ce n'était en pratique pas le cas. La même astuce sera employée par exemple en Mandchourie où le seigneur de la guerre Zhang Zuolin ( 張作霖 ) régna en maître absolu entre 1916 et 1928 tandis que, faute de pouvoir l'évincer, les autorités chinoises l'en nommaient chef tandis qu'il n'obéissait à personne et collaborait avec les Japonais.

Le Tibet présentait entre 1912 et 1950 toutes les caractéristiques d'un pays indépendant. La Chine n'a pu exhiber de document prouvant le contraire, or il semble impossible d'administrer un pays après 1912 durant près de 40 ans sans un seul écrit, tandis que des preuves d'actions du gouvernement tibétain existent, par exemple de la monnaie et timbres émis durant cette période et ne devant rien à la Chine ainsi que le passeport tibétain de T. Shakapba, visé en 1947 et 1948 par de nombreux pays (y compris la Chine et la France, mais également l'Angleterre, l'Italie, les USA, la Suisse). Comment ces pays auraient-ils pu viser un passeport émis par un pays qu'ils ne reconnaissaient pas? Même en jugeant qu'un rien de désordre régnait chez les uns (surtout après la guerre, encore qu'il semble que cela avait plutôt aiguisé la défiance) et que d'autres ne comprenaient pas bien ce qui se tramait en Asie... était-il possible en 1947-1948 d'entrer dans l'un des pays cités avec un passeport arborant un nom de pays émetteur non reconnu?

Les Tibétains, lors de l'invasion et après ces prétendus siècles de domination/assimilation... ne parlaient ni ne lisaient le chinois mandarin (de nombreux dialectes existent en Chine, la sinisation commence par l'acquisition de la forme écrite, qui est commune).

Conclusion de l'ICJ

En 1959 la Commission Internationale des Juristes] (ICJ, non liée à l'ONU) écrivait:

It is not necessary to go very far into the historical background of Tibet beyond stating that from 1912 to 1950 Tibet was virtually an independent country. No Chinese writ ran in Tibet: there was no Chinese law, no Chinese judge, no Chinese policemen on the street corner; there was no Chinese newspaper, no Chinese soldier and even no representative of the Chinese government.

Le rapporteur de l'ICJ qui supervisa l'élaboration du rapport et le remit officiellement était Purshottam Trikamdas, membre de la Cour Suprême indienne et personnalité du Congress Socialist Party, d'obédience communiste, dont il a plus tard été le chef. Son intégrité n'a jamais été mise en cause et sa réputation reste intacte.

En 1997 la Commission Internationale des Juristes rappela le droit du peuple tibétain à l'autodétermination.

Invasion (1950)

En Chine les communistes prirent le pouvoir en 1949 puis, l'année suivante, leur armée commença discrètement à envahir le Tibet, 3 mois après le début de la guerre de Corée, qui retenait le gros de l'attention des autres nations.

Des Tibétains se révoltèrent, surtout après 1956, puis furent écrasés en 1959.

La Chine dispose depuis de l'ensemble du Tibet et son admission au sein de l'ONU (1971) réduisit le volume des protestations officielles.

Selon le gouvernement chinois le Tibet est une province de la Chine, or cette dernière ne l'administra pas (et n'y était même pas représentée) de 1912 à 1950, ce qui rend l'invasion illégale au regard du droit international établi durant cette période et encore en vigueur.

Résumé

L'invasion était illégale puisque la Chine ne disposait plus du Tibet, donc les autres nations auraient dû l'interdire. Elles ne le firent pas et ne défendirent les Tibétains que par proclamations interposées, ce qui ne légitime rien. Le gouvernement chinois, en dépit du droit international, juge qu'il lui suffit de considérer un territoire comme sien pour que ce soit le cas.

Les revendications des Tibétains qui appellent à l'aide la scène internationale et résistent sont par conséquent recevables.

Géographie

Cliquer ici.

La Chine n'a pas libéré les Tibétains

Certains jugent que la Chine, en 1950, fit bien de renverser au Tibet une théocratie féodale, mauvaise gestionnaire et assez répressive, afin de la remplacer par un régime plus démocratique. C'est voir en la Chine de la seconde moitié du XXe siècle un bon allié en matière de lutte contre la famine et la répression politique, ce qui relève d'une ahurissante mauvaise foi: répression du soulèvement de 1959, Grand Bond en Avant attisant (de l'aveu même des autorités) l'effroyable famine de 1959-1962, Révolution Culturelle et ses meurtriers Gardes Rouges...

De toutes façons les Tibétains n'appelaient pas à l'aide dans les années 1912-50, alors qu'explorateurs, missionnaires, voyageurs, spiritualistes et militaires Occidentaux y circulaient voire séjournaient depuis le XVIIe, propageant leurs idées. Le Tibet n'était pas secoué de révoltes/rébellions/jacqueries/émeutes... alors qu'il l'est depuis l'entrée de l'armée chinoise et sa fermeture, car l'étranger n'est plus libre d'y circuler ou d'y dialoguer avec n'importe qui.

Par ailleurs qui voit en la Chine le gestionnaire de fait du Tibet depuis des siècles... fait d'elle, ainsi, le complice de la soi-disant théocratie féodale et esclavagiste des lamas!

Sur le plan de la cohérence le gouvernement chinois ne brille une fois de plus pas car il s'arrogea, par l'invasion donnée pour libératrice de 1950, un droit d'ingérence dans les affaires du peuple tibétain qu'il refuse à présent à la communauté internationale.

La Chine n'a pas aboli d'« esclavage » au Tibet

Le gouvernement chinois a longtemps prétendu libérer les Tibétains de l'esclavage. Les experts Occidentaux, toutefois, ne partagent pas ce point de vue.

Katia Buffetrille, tibétologue et ethnologue à l'École pratique des hautes études confiait par exemple au journal Le Monde (article paru le 23 mars 2008):

((Le Monde:)) Le Parti communiste chinois prétend avoir "libéré" le Tibet de la noblesse esclavagiste. Existait-il un "esclavage" au Tibet avant 1949 ?

((K. Buffetrille)): Le mot "esclave" est parfaitement impropre. Très schématiquement, on peut dire que le Tibet était une société à strates, très hiérarchisée ((...)) Le terme de "serfs", appliqué aux paysans, est contesté par certains tibétologues, qui préfèrent celui de "gens du commun" ou "sujets".

En fait, les paysans, la grande majorité du peuple, étaient héréditairement liés à la terre et devaient des taxes qui étaient versées en argent, en nature, mais la plupart étaient sous forme de travail, essentiellement le travail de la terre. En dépit de cette structure qui peut paraître rigide, il y avait en fait une grande flexibilité. Ces paysans avaient des devoirs mais jouissaient aussi de droits. Les seigneurs n'avaient aucunement pouvoir de vie et de mort sur eux. Il ne s'agissait pas du tout d'un système idéal, mais il n'avait rien à voir avec de l'esclavage.

On peut préférer les assertions du gouvernement chinois, dont tout un chacun connaît la rigueur scientifique et la probité et qui, à présent, ne prétend plus qu'il s'agissait d'esclavage qu'auprès de ses sujets, préférant hors de Chine s'en tenir au « servage féodal » (feodal serfdom).

Le fait que des esclavagistes sévirent illégalement au Tibet durant l'exercice du régime des lamas n'y change rien. Prétendre le contraire revient à affirmer, pour transposer, que le gouvernement français est criminel puisque des crimes sont commis en France. Aujourd'hui encore on découvre des esclaves en Chine, de l'aveu même du PC chinois. Cela ne fait pas de ce dernier, malgré tous ses défauts, un régime esclavagiste.

Par ailleurs on peut se demander en quoi une prétendue libération justifierait l'occupation. Les armées qui libérèrent la France de l'occupation nazie ne l'occupèrent pas.

On peut également s'étonner de constater que les Tibétains adorent les lamas (donnés pour esclavagistes) et se soulèvent périodiquement contre leurs libérateurs.

À présent des Tibétains sont des esclaves de la Chine puisqu'elle les exploite, emprisonne et exécute.

Pourquoi la Chine s'intéresse-t-elle au Tibet?

Si la province chinoise du Qinghai (englobant le plus gros de l'ancien Amdo tibétain, où le Dalaï Lama naquit) et le Tibet aménageaient leurs fleuves et rivières (Yangtse, Fleuve Jaune, Mékong...) la Chine privée d'un tiers de son eau serait rapidement contrainte de leur déclarer la guerre à outrance. D'une certaine façon l'occupation, nombreuses exactions comprises, constituerait un moindre mal si toute négociation était exclue. Le gouvernement chinois tour à tour la refuse puis complique par ses exigences a priori, en particulier en écartant d'emblée l'indépendance du Tibet.

Ce dernier pays regorge de minerai (cuivre, chrome, borax, lithium, uranium, or, potassium, magnésium, zinc, plomb, cobalt...), de pétrole et de charbon ainsi que de bois, éléments déterminants pour le développement de l'industrie chinoise dont la possession du Tibet assure l'approvisionnement indépendamment d'autres nations tout en réduisant les effets pervers de la flambée de leurs cours sur les marchés internationaux.

De surcroît une négociation du gouvernement chinois avec le Tibet inspirerait certaines des autres provinces/colonies de la Chine, les conduisant peut-être à l'indépendance. Pis, cela pourrait instiller en Chine même une forme de démocratie dont, entre autres, l'effet de transparence et d'ouverture dans la conduite des affaires publiques (glasnost) semble redouté par le parti au pouvoir, vraisemblablement car cela compliquerait les magouilles.

Sur le plan militaire la Chine ne souhaite semble-t-il pas abandonner le Tibet qui constitue une vaste zone tampon (glacis d'ordre stratégique, à l'Ouest de son territoire principal, d'autant plus facile à saisir qu'aucune puissance majeure ne le revendique.

Le Tibet (20% de la surface de la Chine d'aujourd'hui) offre également des zones habitables.

Le gouvernement chinois sait la Chine militairement plus forte que le Tibet(!) et capable de s'en emparer puis de le conserver sans rencontrer de résistance militaire gênante donc à faible coût et risque. Il mise sur la disproportion des forces (la Chine est environ 200 fois plus peuplée que le Tibet), la veulerie des autres nations et celle des instances internationales. Ce mode de raisonnement porte ses fruits.

Nom révélateur

Ce sinogramme désigne le Tibet: 西藏.

En voici une version graphique donc affichable par tout navigateur et plus facile à détailler: Tibet ideogram Tibet.png

Son premier élément signifie « ouest ».

Pour interpréter le second noter que:

  • ce sinogramme signifie « trésor souterrain »: Tibet ideogram buried-treasure.png Son premier élément signifie « trésor »
  • ce sinogramme signifie « ressource minière »: Tibet ideogram mineral-resource.png Son premier élément signifie « mine »

Le sinogramme désignant le Tibet signifie littéralement « des ressources souterraines à l'ouest »!

Contre-arguments

Ces sinogrammes, contrairement à ce que certains affirment, ne datent pas d'une époque durant laquelle nul ne pensait aux mines ou au minerai car les premières mines (de silex) datent de l'âge de pierre, en Chine la plus ancienne mine de cuivre (Tongling, près de Xiafan/Ruichang, dans le Jiangxi) date d'environ -3300 et était pour bonne part souterraine (Most of the mining was conducted underground), tandis que les sinogrammes apparaissent vers -1500 avec l'écriture ossécaille. En résumé même le plus ancien sinogramme est plus jeune que la première de mine (même souterraine).

Un autre contre-argument avancé veut qu'il ne faut pas interpréter « trésor » parce qu'il s'agirait d'une déformation de « Tsang ». C'est bien ce qui est exposé ci-devant: Tsang est en effet une partie de Ü-Tsang, nom de la province du Tibet la plus éloignée de la Chine et la plus tardivement proie de tentatives de colonisation.

La Chine développe le Tibet pour mieux le piller

Des statistiques chinoises posent qu'au Tibet tout va mieux. L'espérance de vie augmente tandis que la mortalité infantile décroît. Ces constats semblent biaisés par le périmètre des observations, qui porteraient surtout sur des populations chinoises (installées depuis l'invasion) et de Tibétains collaborateurs. Dans la campagne tibétaine, selon des visiteurs Occidentaux, rien n'a changé.

Il en va de même du produit de la vente de minerai tibétain, donné pour profiter à cette province, bien entendu sans aucun audit neutre donc en laissant le PC chinois juge et partie. En pratique la part de ces gains dont il serait possible de prouver qu'elle demeure au Tibet... finance vraisemblablement les infrastructures offrant aux colons moyen de mieux exploiter le pays!

De la même façon les autorités chinoises offrent aux Tibétains qui collaborent avec elle de non négligeables avantages (postes, salaires, prébendes, enseignement supérieur en tibétain bien nettoyé par le Parti et délivré loin du Tibet...) puis les présentent comme s'ils étaient représentatifs du sort comme des aspirations de l'ensemble du peuple tibétain.

Tout cela n'apporte guère au gros des Tibétains, pas plus que divers bidules nucléaires chinois (usines de retraitement, déchets, missiles...).

Les Tibétains, avant l'invasion, ne se plaignaient de leur sort ni n'étaient maintenus isolés, enfermés ou sous la censure. Aucune manifestation exprimant désir d'être libéré (ou autre fadaise/prétexte) n'est attestée.

Cas du Bhoutan

Le Bhoutan est un pays situé au sud du Tibet, auquel il est très semblable.

Il est indépendant depuis 1947, date très proche de celle de l'invasion du Tibet, et a fait le choix d'une lente démocratisation, avec un régime de monarchie constitutionnelle.

Il constitue un quasi-clone du Tibet... n'ayant toutefois pas fait l'objet d'une invasion et occupation par le PC chinois car aucun tiers ne lui imposa quoi que ce soit.

L'espérance de vie y est de 62 ans (hommes) et 66 (femmes). Selon le gouvernement chinois elle est de 67 ans dans la Région Autonome du Tibet (appellation du PC chinois, qui fournit les statistiques), colons inclus. Autrement dit il n'y a pas de différence nette.

Si l'on s'en tient à ce que le gros des occidentaux sait sur le plan de l'économie la Chine progresse vite et le Bhoutan s'appauvrit donc une sommaire comparaison du pouvoir d'achat moyen ressemblerait à ceci (hypothèses: Bhoutan: -2%/an, Chine: 12%/an):

GDP-per-capita Bhoutan-Chine impression.png

Cela ne correspond pas à la réalité.

Voici les PIB annuels exprimés en parité de pouvoir d'achat, per capita, en dollars US, selon le Fonds Monétaire International:

PIB annuel PPA (per capita, dollars)
Source: FMI
Pays 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012
Bhoutan 3530 3794 4606 4761 5131 5429 5747 6070
Chine 4102 4748 5554 6188 6785 7518 8288 9157

(données complémentaires)

GDP-per-capita Bhoutan-Chine.png

L'écart entre le Bhoutan, donné pour miséreux, et la Chine dans son ensemble, que l'on sait championne de la vitesse de progression économique, n'est donc pas si colossal. Une comparaison avec le seul Tibet serait encore plus étonnante, puisque c'est l'une des plus pauvres «provinces» de Chine.

Comment est-ce possible, comment le Bhoutan obtient-il cela sans l'« assistance » chinoise donc sans invasion, occupation, violences, surexploitation des ressources, pollution...?

Le Bhoutan est beaucoup moins riche en minerai exploité que le Tibet. On n'y trouve ni route ni de chemin de fer et le secteur industriel est "naissant" (terme poli pour "quasi nul"). Son économie relève avant tout de l'agriculture et du secteur forestier, du tourisme et de la vente d'énergie hydroélectrique. Le PC chinois exploite tout cela au Tibet, secteur minier en sus. Où ces richesses disparaissent-elles?

Le Tibet dispose de davantage de territoire donc vraisemblablement, dans les grandes masses, de ressources (bois, minerai...) par habitant:

  • Bhoutan: 750000 habitants sur 47000 km² (15 habitant/km²)
  • Tibet: 8000000 habitants sur 2500000 km² (3,2 habitant/km²)

Une part des ridicules dépenses de l'État bhoutanais est prise en charge par l'Inde, qui y trouve un débouché pour des exportations et construit également un barrage grâce auquel, en contrepartie, elle obtient de l'électricité. Voilà ce qu'aider peut signifier.

L'escroquerie intellectuelle de la thèse d'une « bienfaisante occupation » apparaît. Il s'agit plutôt d'un pillage en règle.

Que veulent les Tibétains contestataires?

Certains, Dalaï Lama en tête, jugent l'autonomie à présent hors de portée. Ils veulent toutefois que les abus de l'occupant cessent et souhaitent disposer d'eux-mêmes, en particulier sur le plan social (linguistique, culturel et religieux). Un traité établissant une sorte de protectorat en délimitant ce que la Chine peut ou doit décider et faire, librement élaboré et accepté puis mis en application, si nécessaire avec l'aide d'instances internationales reconnues neutres par les deux parties, améliorerait vraisemblablement la situation.

Le gouvernement chinois, en acceptant de négocier, rendrait peut-être patente la mauvaise foi qu'il prête au Dalaï Lama.

D'autre part beaucoup de jeunes Tibétains, après cinquante ans d'hypocrisie ou d'indifférence des tiers, veulent reconquérir l'indépendance de leur pays.

Pourquoi nombre de Chinois embrassent-ils des thèses, même ineptes, du gouvernement chinois?

Le gouvernement chinois serait peut-être contraint de changer de politique si la majorité des Chinois n'adoptait pas ses thèses.

Endoctrinement

En Chine les autorités endoctrinent depuis longtemps afin que certaines opinions transmutent qui les professe en ennemi de la Chine et des Chinois, alors même qu'il n'en critique que le seul gouvernement. L'état d'esprit distillé, selon lequel « nul n'est Chinois sans être patriote et tout patriote juge que le Tibet appartient à la Chine » ménage une sorte de tabou interdisant de considérer objectivement les faits et d'argumenter rationnellement.

Dès l'école des formules telles que « le Tibet est chinois! » ainsi que « qui ne considère pas le Tibet comme faisant partie de la Chine est un Ennemi de Tous les Chinois » revêtent un caractère dogmatique, rendant difficile de soupeser à ce propos un raisonnement étayé ou de percevoir les failles béantes des thèses officielles du gouvernement chinois.

L'intelligence comme les connaissances d'un peuple ne réduisent en rien l'efficacité d'un endoctrinement. Cela peut étonner, toutefois rappelons que d'autres mots d'ordre furent plus dévastateurs (Gardes Rouges, Khmers de la même couleur, Français durant les guerres de Religion, Allemands durant le IIIe Reich...).

Par contrecoup les monceaux de documents, témoignages, études et rapports de toutes provenances accumulés depuis les années 50 (dont voici un exemple) ne sont pour beaucoup que vile propagande.

Amalgame ménageant le gouvernement

Toute critique de la politique du gouvernement chinois au Tibet est interprétée par ses tenants comme une arbitraire déclaration d'hostilité adressée à tous les Chinois. Amalgamer ainsi est absurde car ce gouvernement n'est pas représentatif (pas élu) et puéril (lorsque l'on adresse reproche à un enfant il rétorque parfois «Tu ne m'aimes pas, tu me veux du mal!»). Cela dissimule mal l'incapacité à justifier l'invasion de façon rationnelle et respectueuse du droit international.

D'autre part le gouvernement chinois inculque, y compris par les voies les plus détournées, que la démocratie ne saurait fonctionner en Chine. On lit ainsi qu'elle:

provoquerait tout d'abord une immense famine puis d'épouvantables désordres
... ce qui n'est pas démontré. Divers pays plus démocratiques ne connaissent pas ces affres
fonctionne mal en Occident
... négligeant que cela ne démontre pas la meilleure adéquation de l'autoritarisme en Chine
est inutile car le niveau de vie augmente sans cesse et plus vite que partout ailleurs
... qui ne montre en rien que la démocratie enrayerait cela ni n'offrirait d'autres bienfaits. Par ailleurs la dynamique économique de la Chine doit semble-t-il, par le biais de l'initiative privée, à une forme de démocratisation.

Pis: peu de Chinois souhaitent relayer des critiques qui les éloigneraient des leurs sans vraisemblablement les rapprocher de ceux qui critiquent la Chine. D'autre part la violence des « réactions populaires » frappant tout auteur d'une simple mise en perspective augmente sans cesse. Certaines pourraient être téléguidées par le gouvernement (astroturfing), en une version édulcorée de l'approche efficace durant la Révolution Culturelle.

Nombre d'Occidentaux ne confondent pas un peuple et son gouvernement. L'habileté du gouvernement chinois à cultiver cet amalgame, visant à faire de tout Chinois son inconditionnel avocat, n'y changera rien.

Mensonge au service de l'utopie

Pour ce que nous en comprenons le Chinois rêve d'une Grande Chine rassemblant harmonieusement toutes les ethnies... même contre leurs volontés. L'endoctrinement qui rend tous les autres possibles (voire les secrète) consiste peut-être à donner cette mission civilisatrice de sinisation pour si magnifique qu'il justifierait tout, y compris le pieux mensonge (par exemple la négation du manque d'enthousiasme de certaines ethnies) donc commanderait d'adhérer aux thèses des autorités.

Nul ne saurait refuser si sublime espoir! Faisons le bien des exceptions malgré elles!

Le gouvernement chinois réduit l'opposition, dans tous les sens de ce verbe (en la présentant comme minoritaire et en la combattant par tous les moyens) donc rend les bulletins officiels d'« information » mensongers, modérant le sentiment de culpabilité des citoyens.

Les media le confirment: une semonce suffit à mettre en déroute les rares terroristes de l'indépendantisme. Acquittons ce menu octroi pour l'accomplissement d'un rêve partagé par tous les humains de bonne volonté!

Saupoudrons le tout de la béate satisfaction et, parfois, de l'émulation induites par la permanente unanimité comme par l'union sacrée face aux critiques.

Cette négation de ce qui semble fâcheux existe en Occident où, de façon semblable, le politiquement correct interdit de traiter objectivement de certaines choses. Cette forme d'exploitation de l'espoir participe de la croyance selon laquelle mal décrire une déplaisante réalité, en l'embellissant si nécessaire par le mensonge (à tout le moins par omission), l'améliorera peu à peu.

Si, comme toute chose, un embarras n'existe vraiment pour nous qu'après avoir été nommé, ne plus en parler ne provoquera vraisemblablement pas sa disparition.

« Respect de l'individu », en chinois, est-il distinct d'« individualisme »? Ce dernier terme est-il péjoratif?

Cas de Chinois expatriés en Occident

Dans le cas du Tibet l'immense majorité des Chinois installés à l'étranger, a priori non contraints au mensonge d'État (?), n'admettent pas l'évidence et, pis, le gros d'entre eux défend les inepties du PC chinois censées justifier l'occupation.

Les parents endoctrinés espèrent peut-être protéger (socialement) leur progéniture en leur inculquant le dogme.

Certains Chinois expatriés ménagent-ils ainsi, par une obédience peut-être feinte, la tranquillité de leurs familles et amis restés en Chine, ou un possible retour(?) Ou bien une tension avec leurs amis Français est-elle préférable au risque induit par un refus explicite du dogme? En ce cas est-il vraiment nécessaire de mentir effrontément (et vainement) en privé à leurs amis Français, plutôt que de se tenir coi? Leur adhésion reste difficile à tolérer pour nombre d'Occidentaux, malgré notre respect pour eux. Seul l'affairisme modère un rien cela et contraint des gouvernements occidentaux à un assentiment souvent feint, toutefois non unanime et ne correspondant guère à l'opinion publique.

La violence de cet endoctrinement est parfois patente (cas de Grace Wang).

Propagande en Occident

Qualité des media occidentaux

La qualité de l'illustration d'articles de la presse occidentale (en particulier sa pertinence) laisse souvent à désirer. La censure chinoise au Tibet rend les photographies rares et, l'éloignement augmentant l'ignorance, des articles sont souvent fort mal illustrés. Des photographies de policiers Népalais ou Indiens « gérant » une manifestation de Tibétains illustrèrent ainsi des articles traitant de la répression chinoise au Tibet! Des Chinois emploient ce genre de distorsion afin de rejeter l'ensemble des éléments présentés. Selon eux elles révèlent le peu de cohérence de la quête occidentale d'objectivité, voire son caractère utopique, à laquelle le plus confortable nationalisme semble dès lors préférable.

Le terrain médiatique, comme le Tibet, est gardé...

Les instances défendant le Tibet ne disposent pas d'autant de moyens que le gouvernement chinois, dont les émissaires ou agents de plus en plus omniprésents (par exemple sur le Web) répondent systématiquement sans relever les arguments solides gênants ou en leur opposant inlassablement des thèses réfutées. Ils promeuvent des assertions préformatées dont la répétition empreint peu à peu le lectorat (un mensonge suffisamment répété devient vérité, surtout faute d'être systématiquement réfuté).

Certains Chinois font d'Occidentaux ralliés à leurs avis, par exemple messieurs Mélenchon et Engdahl, des sortes d'étendards...

M. Mélenchon

Interview « Chinois libérateurs »

La plaidoirie de M. Melenchon (« les chinois firent bien d'envahir le Tibet car il y abattirent ainsi une théocratie ») reste peu convaincante car manifeste surtout un anticléricalisme sourd à la volonté des concernés: les Tibétains étaient en contact avec le monde extérieur (des missionnaires chrétiens œuvraient au Tibet au XIXe), ne demandèrent pas à qui que ce soit de les délivrer de leurs moines et apprécient encore, après 50 ans d'éclairage par le PC chinois, les lamas donnés pour abjects.

Il lit dans ce conflit une lutte de forces démocratiques contre des obscurantistes, oubliant qu'un démocrate ne saurait négliger ici, comme il le fait, l'opinion des Tibétains. Si l'on peut vouloir les informer, prétendre les oppresser pour leur bien a d'inquiétants relents.

Il écrit ailleurs « Si l'on voulait mettre en cause le régime de Pékin il fallait le faire au moment du choix de Pékin pour les jeux », négligeant que le gouvernement chinois s'était engagé, afin d'obtenir les JO, à mieux respecter les Droits de l'Homme... puis boucla le Tibet et y tira sur des civils.

Par ailleurs il n'apprécie guère que des soldats chinois tirent sur des civils.

Charte du gouvernement tibétain en exil

Un texte de M. Mélanchon intente procès d'intention au gouvernement tibétain en exil en lui prêtant un « projet théocratique, autoritaire, ethniciste, dangereux pour la paix ».

En réalité:

  • la Charte ainsi critiquée n'est pas la Constitution du futur Tibet libre,
  • elle offre au Dalaï Lama des pouvoirs:
    • dont il ne peut user (puisque le gouvernement en exil, qui adopta cette charte, ne dirige rien),
    • qu'il n'utilisa pas (nul ne produisit de fait montrant qu'il l'a fait)
    • qu'il refuse:

In deference to the wishes of the people, as I stated earlier, and circumstances prevailing at that time, the constitution gave the ultimate authority of the government to the Dalai Lama. Naturally, I was not satisfied with this clause. I felt that this constitution fell far short of my aim for a genuine democracy.

Les véritables propositions du Dalaï Lama relatives à un hypothétique Tibet libre reposent sur un gouvernement laïc élu dont le DL ne serait pas membre et sur une Assemblée Constituante tout aussi élue:

Once Tibet regains its freedom and the Chinese forces are withdrawn, there will be a transitional period before the adoption of a new constitution. ((...))

The interim government will be headed by a president, who will assume all the political powers presently held by me. The present Tibetan Government-in-Exile will be considered dissolved ipso facto. ((...))

The principal responsibility of the transitional government will be to form a Constituent Assembly with representatives from all parts of Tibet. The Constituent Assembly, in turn, will prepare Tibet's new constitution on the basis of various drafts prepared in exile. This new constitution will be adopted only with the assent of the interim President. Then, in accordance with the constitution, the interim President will appoint an Election Commission, which will conduct the election of the new government.

M. Mélenchon se pose en défenseur de la démocratie pour critiquer des intentions qu'il baptise abusivement « projet », au lieu de s'intéresser à des faits, donc au lieu d'exiger que la Chine organise un référendum d'autodétermination au Tibet, et il néglige ou ignore le véritable projet (démocratique).

F. William Engdahl

M. Engdahl espère montrer que diverses puissances, menées par les États-Unis d'Amérique en quête d'hégémonie, exploitent le Tibet afin d'affaiblir la Chine, que la CIA aide la résistance tibétaine, que l'Inde pourrait gagner à obéir aux américains... C'est peut être le cas. Ou pas. Cela ne change rien au caractère illégal de l'invasion et des exactions commises.

Selon M. Engdahl des Tibétains se révoltent parce que Washington les manipule...

Pourquoi la situation semble-t-elle bloquée?

Peut-être parce qu'en envahissant violemment le Tibet dans les années 50, au lieu de tenter d'établir un protectorat régi par traité, les dirigeants chinois d'alors enfermèrent ceux d'aujourd'hui, limitèrent leur capacité de décision au point qu'ils ne peuvent que tenter d'évacuer la question en la considérant comme relevant de la politique intérieure, alors même que le contexte légal de l'invasion et les réactions de nombreux Tibétains comme de l'Assemblée Générale de l'ONU (dont la Chine est membre) ôtent tout crédit à cela.

La pression internationale pourrait dans un premier temps les contraindre à moins d'hypocrisie. Puis un grand homme, de la trempe de Deng Xiaoping, disposerait du courage et de la capacité nécessaires.

Des intellectuels chinois en appellent eux aussi à un dialogue (VF).

Fallaces, paradoxes, incohérences et contradictions

Cf. article en exposant.

Documents

R. Badinter

Les gouvernants chinois, exaspérés par sa force tranquille, peuvent le dénoncer comme un loup caché sous sa robe de moine. Mais si nous voyons la robe du moine, nous ne distinguons pas les traits du loup. Et à dire vrai mes amis, les gouvernants chinois nous paraissent bien peu qualifiés pour jouer le rôle du petit chaperon rouge.

La vérité est plus simple. Le Dalaï Lama est un homme de paix. Et il sait que la résistance spirituelle d'un peuple opprimé, à travers le temps et les épreuves, finit toujours par l'emporter.

Robert Badinter, durant une conférence du Dalaï Lama (thème: « éthique et société »)

J. Dif

irenees.net

Recherche

Tibet - Vallée de la Drôme

Expo Tibet

Free Tibetan Heroes

Tibetan held by Chinese authorities: http://freetibetanheroes.org/

France-Tibet IdF

B. Lisan

Nouvelobs.com

Telerama.fr

Blog

Save Tibet: Jamyang Norbu

Organisations « pro-Tibet »

Gouvernement tibétain en exil

Articles pertinents