Les nouveaux chiens de garde

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Puisque ces experts croient nous dépasser, tâchons d'en connaître les administrateurs

(À propos de l'intéressant documentaire intitulé Les nouveaux chiens de garde (2011))

La posture de ces experts tient souvent, en distordant un mot de Cocteau, de « puisque ces mystères dépassent tout le monde, feignons d'en connaître le principe organisateur ».

Si l'annonciateur d'apocalypse dérange et effraie, donner dans le lénifiant offre solide fonds de commerce. À l'expert aujourd'hui rassurant le pouvoir offre ses largesses, et nul ne lui demandera de comptes après une catastrophe, d'autant qu'il prétend analyser plutôt que diriger donc n'être « ni responsable, ni coupable ». Pourquoi renoncerait-il à obtenir ainsi patrimoine comme considération sans devoir miser ni risquer?

Quant à nous, son audience... dressés dès le plus jeune âge à l'élitisme, nous rejetons d'emblée toute critique d'un puissant. En terre jacobine le roi se veut infaillible et ne tolère pas de bouffon. Nul n'y est autorisé à durement critiquer un consacré. Interpelle, et tu seras « polémiste ». Insiste et te voici « poujadiste ». Mords plus fermement et un contrôle fiscal te fracturera la mâchoire.

La boucle se refermera tôt ou tard par condamnation a priori de la critique, par de l'ad hominem ou en la jugeant antidémocratique puisqu'elle s'oppose à la voix de l'expert désigné tel par les représentants du peuple donc par ce dernier.

Ces experts, par leur omniprésence (quantité...) et leurs qualités (prêtées), donnent le ton et cela rend difficile de les critiquer sans rallier leur cadre de pensée, car toute autre perspective devient inintelligible. L'argument d'autorité est celui des autorités et la quasi-unanimité des experts est donnée pour moyen de mesurer la véracité de leurs assertions (« ils ne peuvent tous se tromper ou vouloir nous tromper »). La « pensée unique » doit ainsi beaucoup à une « lecture unique » de la réalité découlant de:

notre formation
nous imprimant d'accorder a priori crédit aux experts,
l'information dont nous disposons
surtout constituée de propagande étayée par des expert, œuvrant d'autant mieux qu'elle rassure.

La vérité est par convention établie par l'expertise, donc ce que déclare l'expert est d'emblée réputé vrai sans que l'on puisse déterminer s'il l'est vraiment. Qui expertisera les experts? Le débat des experts officiels porte sur les seuls détails et vise à augmenter la durée d'exposition au dogme de l'audience.

« Ce n'est pas l'homme qui possède le langage, mais le langage qui possède l'homme », selon Heidegger. Lisez et écoutez, cela vous formera l'esprit.

Nous préférons ce qui est facile à obtenir immédiatement, apparemment rassurant et confortable. Comme Chomsky le montre il en va de même pour les media, qu'ils soient publics (entre les mains du gouvernement) ou privés (qui doivent gagner de l'argent). Pourquoi un media d'information privé dépenserait-il afin d'enquêter, donc publierait avec un délai (foin de l'immédiateté, de l'urgence rendue si chère au consommateur) puis s'exposerait à des représailles (procès, contrôle fiscal...)? Beaucoup d'actionnaires préfèrent le voir obtenir immédiatement et gratuitement l'information auprès d'un expert constituant par ailleurs une source apparemment recevable et représentant des instances capables de faire face à tout hostile et de devenir, face à une contre-argumentation solide, de redoutables adversaires. L'expert servant la soupe des puissants comme le journaliste relayant ses propos sont riches et honorés.

Nous prétendons détester mais en réalité craignons les conflits, voire la seule polémique. En France le franc-parler passe aujourd'hui pour de l'agressivité.

Nous préférons « beaucoup » à « bien » en une transposition au domaine des idées de nos attitudes sociales. Pour être socialement intégré il faut posséder beaucoup d'objets comme de concepts compréhensibles donc semblables à ceux des autres.

L'expert connaît, nous dit-on, parce qu'il comprend et pour cela mesure. La lecture d'Hegel du paradoxe sorite fait de la mesure le moyen d'unifier qualité et quantité, et le scientisme ambiant lui accorde tout autant d'importance. Vouloir mieux comprendre en mesurant offre un piédestal à la statistique, où chacun choisit/exprime/lit librement. L'expert n'est pas impliqué (séparation de la description et de l'action), il soliloque (« pensée unique »?)... bref, le débat s'enlise. Si mesurer pour mieux comprendre semble réaliste, espérer s'en contenter pour tout embrasser l'est moins.

Peu se soucient des provenances et effets des « idées » de ces experts comme, pour transposer, de ceux des milliards d'objets peu utiles voire inutiles qui nous entourent.

Est-ce inné ou acquis? Ce n'est pas ici la question, toutefois ces tropismes, faisant de quantité, immédiateté et rassurante stabilité autant de pôles, nous rendent difficile de s'assurer des qualités de cette multitude d'objets et d'idées, donc d'exercer notre esprit critique. Nous ne nous soucions ainsi guère de la qualité d'une source, par exemple de collusions dénoncées.

Stabilité sociale

Pour stabiliser une société on peut ménager parmi ses membres un sentiment d'identité commune par la seule normalisation des produits consommés, en effaçant les cultures (histoires donc sens propres). E. Dichter l'exposait dans son ouvrage adapté sous le titre « La stratégie du désir, une philosophie de la vente »:

To understand a stable citizen, you have to know that modern man quite often tries to work off his frustrations by spending on self-sought gratification. Modern man is internally ready to fulfill his self-image, by purchasing products which compliment it.

L'industrialisation sert à merveille cela en produisant des masses d'objets identiques rendant identiques les individus de la masse, en les occupant à les produire puis à en jouir. L'espoir de posséder implique de travailler, ce qui nous occupe. Cela produit donc nous satisfait, et dissipe notre énergie hors de la sphère politique.

Toutefois la valeur perçue est liée à la rareté, il convient donc de créer l'illusion de la variété en ménageant libre combinaison. Tous avec les mêmes choses... mais pas des mêmes gammes, pas de la même façon, pas en même temps.

Par ailleurs l'humain agit certes par espoir, mais également par mécontentement et l'approche l'intègre car selon Dichter (« creative discontent ») certains achats évacuent de la frustration et renforcent la confiance en soi, de façon temporaire donc sans cesse renouvelée.

Tout marketroïde maîtrise cela:

Selon E. Bernays (« The Engineering of Consent ») la prise en compte (manipulation) des pulsions inconscientes du consommateur offre moyen de prédéterminer ses choix. Il ne s'agit pas ici d'une thèse d'expert mais d'un effet observé car l'application de ces principes démultiplia les ventes de nombreuses entreprises. Nos politiques transposent ces recettes au citoyen, lequel peu à peu devient indistinguable du consommateur.

Tout cela forme un cocon rassurant tandis qu'une société plus ouverte menacerait paresse, appétits et pusillanimité. Qui donc l'appelle vraiment de ses vœux?

W. Lippman, dans les années 1920, décrivait une forme de « démocratie » applicable à une grande population fondée sur le consommateur, docile moteur de l'économie. Selon lui les experts « were to be a machinery of knowledge that circumvents the primary defect of democracy, the impossible ideal of the omnicompetent citizen ». Nos politiques comprennent l'importance de leurs messages et s'en assurent en les rémunérant, d'autant qu'ils savent ces experts ainsi devenus technocrates capables, comme J. Ellul le montra, de leur appliquer le traitement théoriquement réservé aux administrés en « prédéterminant » leurs décisions (pour cela ils les informent de façon partielle, partiale ou habilement mise en forme).

Did we actually dress like that?

Sur le plan des modalités les experts savent menacer leurs opposants, par exemple par une annonce-provocation à laquelle les menacés (associations, partis...) réagissent en durcissant leurs positions, qui deviennent ainsi ridicules voire déraisonnables aux yeux de la placide majorité.

L'expert, archétype de l'individu éduqué (spécialiste), a pour mission de prédéterminer les choix des individus dits « éduqués » capables et désireux de détecter certaines supercheries (l'outillage ne manque pas: http://www.infidels.org/library/modern/mathew/logic.html , http://www.fallacyfiles.org/introtof.html , http://www.nizkor.org/features/fallacies/ ). Du pain et des jeux contentent les autres, parmi lesquels certains croient « convention » synonyme de « vérité ». À ce titre même des exposés a priori ébouriffants ne le sont guère, d'autant que flairer le trucage derrière les astuces les plus communes, le mensonge par omission et une anecdote contée par l'expert sur le ton d'une agréable vulgarisation de démonstration (bien entendu sans indication quant à sa représentativité), ne nécessite pas un lourd bagage intellectuel.

Une autre épaule de géant est celle de Chomsky, qui forgea, ou à tout le moins diffusa:

  • frappant résumé d'un principe pertinent (« la propagande est à la démocratie ce que la matraque est à la dictature »),
  • une façon de mettre en perspective l'audience offerte aux divers courants de pensée en comparant leurs empreintes médiatiques mesurables (il s'agissait alors d'articles publiée par des journaux américains traitant du Timor Oriental et du Cambdoge des Khmers Rouges).

Dans l'adaption en français de son ouvrage « La fabrication du consentement : De la propagande médiatique en démocratie », paru en 1988, on lit:

les groupes multimedia dominants sont donc de très grosses entreprises, contrôlées par des gens très riches ou des administrateurs sous étroite surveillance de propriétaires et autres forces orientées vers le profit. Ils sont en outre très interdépendants et ont des intérêts communs importants avec d'autres multinationales, des banques et le gouvernement. C'est le premier puissant filtre qui oriente les choix dans le domaine de l'information.

The Century of the Self (transcription du documentaire.)

En pratique la normalisation forge un self semblable pour tous.

Un parallèle semble possible avec les courants visant, dans les dictatures rouges, d'une part à « détruire les valeurs bourgeoises » (changer de « désirs ») et, d'autre part, à établir un « culte de la personnalité » (le dictateur y est donné pour omniscient et infaillible, sorte de super-expert).

Un effet fâcheux de la spécialisation est qu'hors de sa spécialité chacun ne prête plus attention au détail, ne prend plus le temps d'instruire. Nous laissons les experts régner, par délégation ou renoncement, même si nulle expertise ne rend a priori digne de confiance ou infaillible. Un autre effet réduit l'effet de manipulations car le spécialiste d'un domaine exposé à la propagande perçoit la valeur de ce qu'en exposent les media donc devine la médiocre qualité du reste.

Nous préférons recevoir des opinions préformatées puis les voir sans cesse confirmées. Le « social en ligne » (personalization) optimise en ne fournissant à chacun que l'information dont fond comme forme correspondent à ses préférences puisqu'elle est appréciée (+1 ou
Ceci est un aiguillage
!) par ceux qu'il honore de sa confiance... ses semblables. Chacun s'y juge filtre de l'information mais n'y est qu'aiguilleur ou écran épargnant aux autres membres de son groupe exposition à tout éclairage différent. Le gros des échanges reste simple redite (souvent réductible à « j'ai consommé, j'ai acheté le superbe bidule électronique Tartempion et mangé de la bonne pizza Toto »). Le reste procède d'efforts, souvent d'ordre mercantile, visant à devenir l'un des experts ou à relayer leurs propos. En théorie des points de vue tiers parviennent ainsi parfois à un groupe donné par ses membres périphériques, points de contact entre des réseaux distincts, mais la dimension des groupes humains concernés réduit la différence entre les groupes interconnectés et cause un bruit ambiant masquant les rares exceptions.

Le consumptionism canalise, la docilité s'instaure, l'expert berce.

Si son boniment ne connaît pas de limites, ce n'est pas le cas des richesses car objet ou énergie possédé/dissipée par l'un n'est d'ordinaire pas à la totale disposition de l'autre. Sciences et techniques viennent à la rescousse en dématérialisant ceux des biens culturels (véhiculant d'ordinaire force propagande normalisatrice), sortant à ce titre la rareté de l'équation, toutefois elles favorisent archivage et indexation qui rendent plus difficile de réécrire l'histoire sans gérer toutes les machines. Cette tension dynamise concurrence donc individualisme, préjudiciable à la cohésion donc à la stabilité sociale.

Le prêchi-prêcha « tous solidaires ! » de rigueur y mettra-t-il bon ordre?

Une manipulation: la solidarité de masse et anonyme

Entourons-nous des mêmes choses, écoutons les mêmes experts... et nous serons semblables. Semblables donc frères, donc a priori solidaires, contre toute évidence puisqu'on l'est de classes ou individus donnés et après avoir choisi de l'être, plutôt que d'une masse anonyme et sous une menace formant un racket renforçant la propagande soutenant l'idée d'identité commune et s'en nourrissant. Rien ne doit interdire de donner, rien ne devrait y contraindre et la solidarité par la contrainte... n'en est pas.

La taille même de notre société rend cette distorsion nécessaire et ici encore l'expert commissionné, avec les meilleures intentions du monde, forge une novlangue afin d'exposer, contre toute évidence, que chacun se veut solidaire de tous. Pour cela il réécrit le passé et décrit un présent sans rapport avec la réalité, vraisemblablement afin de façonner les esprits donc l'avenir.

Notre rapport au temps renforce cette approche car la fausse urgence des désirs se succédant rapidement règne quasi partout, surtout dans les media de masse, délitant vite le passé en nos esprits.

« J'ai réinventé le passé pour voir la beauté de l'avenir », aurait déclaré Aragon. « La vérité vous libérera » pré-répondit Jésus.

La propagande, comme le dogme en son temps, transmute en certitude ce que des puissants jugent nécessaire mais n'est pas (encore?) vrai, afin que cela le devienne. Mieux, certaines certitudes de ce genre reposent sur elles-mêmes (« Les deux étendards », L. Rebatet, page 825 de l'édition Gallimard 1991).

Cette approche manipulatoire semble de type religieux car:

le comportement du plus grand nombre le plus souvent constaté n'est pas conforme
donc elle procède de l'espoir plutôt que de la réalité
le lien entre le comportement et une amélioration quelconque n'est pas démontré
c'est un mystère
peu osent exposer leurs doutes
il y a dogmatisme

Dans le passé les autorités morales, par exemple l'église, cachaient les pans de la réalité qu'elles ne souhaitaient propager (sexe... hors mythologie et faits des grands, peut-être par souci de ne pas en nier l'existence tout en en faisant leur chasse gardée. Aujourd'hui la violence est ainsi représentée).

À présent les autorités donnent pour d'ores et déjà réels les pans de la normalité qu'elles souhaitent imposer.

Sur ce même plan temporel une grande idée est ridiculisée, puis combattue avant d'être acceptée. Cela vaut pour une réécriture de l'histoire. Après réécriture d'un passé proche tout le monde détecte le mensonge, il importe donc de jouer du message des experts posant comme une évidence la vision adoubée (par exemple le caractère optimal et adulé d'une solidarité anonyme et contrainte), la plaçant en-dehors des choix possibles. Ailleurs la matraque (goulag, laogaï...) laissera aux jeunes le temps d'accepter pour seule vérité le contenu du nouveau manuel d'histoire diffusé par le Parti, en induisant un risque tel que peu de parents osent critiquer le message officiel, même face à leurs seuls enfants.

La passion, dont le désir est la manifestation, l'emporte d'autant plus sur la raison que le groupe est massif parce que chacun accepte n'importe quel principe s'il espère, ce faisant, améliorer confort et satisfaction de ses désirs, et pèse ainsi sur les autres. La pensée de groupe s'impose vite. D'une certaine façon cela correspond peut-être au propos de Bernard Charbonneau selon lequel renoncer à l'appartenance au groupe nous est plus difficile qu'abandonner notre liberté.

Un « désir maître » visant à l'enrôlement (est-il apparenté au besoin de pouvoir décrit par Theodore Kaczynski?) existe ainsi avant tout au sein de la société. Il sépare le vecteur rendant compte des désirs préformatés de celui de ce vers quoi tend l'individu concerné (façon « angle alpha de Lordon ») et procède de la socialisation plutôt que du capitalisme ou du néo-libéralisme car ce qu'instille à ce titre le salariat n'y imprime qu'une forme.

Un enseignement menant à douter a priori menacerait la société. Enseigner des dogmes en les donnant pour des évidences ou impératifs moraux, afin de formater la pensée, la stabilise... et facilite l'enseignement.

  • Teacher: "Question authority!"
  • Student: "Says who!?" ;-)

Nous sommes dressés, par la perception de la justice enseignée, à punir qui « n'est pas assez solidaire », même à nos dépens et de façon incohérente. Cette auto-discipline insufflée remplace sa précédente forme ("there may be a connection between the growth of religions that believe in “morally concerned deities”—that is, a god or gods who care if people are good or bad—and the evolution of large cities and nations. To be cooperative in large groups of relative strangers, in other words, might have required the shared belief that an all-powerful being was forever watching over your shoulder."). Elle se conjugue bien au souci d'équité cher aux primates, en un magma baptisé « justice » et orchestrant le gros des débats, qui portent quasi toujours sur la (re)distribution des richesses.

Hume puis Freud, qui influença considérablement Bernays, accordaient grande importance d'ordre social à la libido (usine à désirs?), et le premier considérait l'usage de la raison comme un phénomène rare, éphémère et local.

Ne pas travailler à devenir semblable au gros des autres, s'attacher à une différence justifiée et la manifester, choisir ceux dont on est solidaire et échapper à une vision universelle fait de nous un tribal voire un barbare dans l'acception classique du terme, un ennemi de valeurs données pour nécessairement communes, donc de la civilisation, elle-même produit des société populeuses se voulant populaires, issues d'un sédentarisme devant tout à l'agriculture. Thucydide l'avait-il perçu?

La démocratie induit discussions et dérives donc perte d'énergie. Dans un souci d'efficacité on coupera court, pour bonne part grâce aux experts. Toutefois c'est un bien mince octroi, comme exprimé au même endroit: « L'objectif c'est de faire adhérer à la prise de décision le plus grand nombre de gens afin de maximiser les chances de réussite de cette décision car il ne sert à rien de faire des lois et des règlements si tout le monde s'amuse à saboter les choix des dirigeants ! L'inefficacité apparente de toutes ces assemblées, de toutes ces controverses n'est qu'un leurre : elles épuisent la discussion et mettent à quia les meneurs de l'agit-pro en les délégitimant. »

Un groupe autrement constitué trouve pour ciment l'illusion, le mensonge, l'hypocrisie... rendus « normaux » par l'expert et que l'appartenance au groupe interdit de déclarer tels.

Nous voici nageant dans des désirs de possessions matérielles insufflés par des manipulations consuméristes, flanqués de mensonges inculqués en tant que dogmes afin de nous façonner. Nous voici... en belle société! Le pis reste qu'elle n'est vraisemblablement pas pire qu'une autre.

L'expert se substitue à l'isègoria et à l'adhésion réfléchie de la majorité, devenues impossibles parce que nos démocraties comptent trop de citoyens, et la surpopulation rend le fork difficile (certains régimes tribaux laissent tout mécontent libre de partir fonder sa tribu ou d'en rejoindre une autre).

À mon sens l'exercice de la raison est d'autant moins rare et éphémère que local. Le Kohr avait raison.

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