Tchernobyl vu par l'IAEA

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Sommaire

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Description[modifier]

Voici ma mise en perspective d'une campagne de désinformation relative à la la catastrophe nucléaire de Tchernobyl menée par le très officiel Chernobyl Forum.

Ce Forum diffusa en septembre 2005 un bilan des décès imputables à la catastrophe qui, à notre sens et pour des raisons exposées ici, ne repose sur rien de solide et est très sous-évalué.

Si vous manquez de temps lisez notre résumé chronologique.

Je suis un béotien, donc me contenterai d'une analyse portant sur des éléments établis dont la compréhension n'implique aucune compétence particulière, et fournirai à mesure les références des documents analysés.

Merci de ne pas hésiter à corriger ce document et à bien vouloir expédier tout commentaire avisé à l'auteur (Auteur: Nat Makarevitch).

Motivation[modifier]

Ce document est avant tout destiné à tenter de combattre la désinformation malheureusement relayée par Wikipedia (entres autres vecteurs).

Présentation et termes employés dans ce document[modifier]

Présentation[modifier]

Certains groupes de mots de ce texte sont des liens vers les documents analysés. Si vous employez un navigateur conforme ils apparaîtront rehaussés, ainsi: ceci est un lien. Il n'est pas nécessaire, durant la lecture, de consulter ces documents. Ne cliquez que pour explorer plus avant une référence.

Une longue citation apparaît comme suit:


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Un nom, sigle ou titre apparaît ainsi: Nom, sigle ou titre

Termes[modifier]

Catastrophe de Tchernobyl désigne ici l'accident survenu en 1986 dans une centrale nucléaire installée dans la ville éponyme.

L'IAEA, International Atomic Energy Agency (Agence Internationale de l'Énergie Nucléaire, en France souvent appelée 'AIEA'), est une agence des Nations Unies dont la mission (énoncée dans l'article 2 de ses statuts) consiste à "accelerate and enlarge the contribution of atomic energy..." (accélérer et élargir la contribution de l'énergie atomique...). Pour ce que nous en comprenons elle promeut donc les applications civiles du nucléaire. Elle est le principal artisan du bilan ici étudié.

Le Chernobyl Forum est le nom (anglais) d'un groupe d'agences de l'ONU déclarant souhaiter éclairer le dossier de la catastrophe, fondé par l'IAEA et financé par elle ainsi que par l'OMS (Organisation Mondiale de la Santé, une autre agence des Nations Unies). Nous le désignerons dans le présent par "le Forum".

Le terme "liquidateur" désigne une personne dépêchée d'urgence près de la centrale après l'accident, afin de déblayer ou de nettoyer la zone. Certains liquidateurs furent particulièrement exposés aux radiations.

Résumé[modifier]

Un communiqué du Forum claironna en septembre 2005 que selon une étude scientifique de l'ONU la catastrophe de Tchernobyl a causé et causera, en tout et pour tout, 4000 décès.

Cela me sembla sous-évalué donc j'ai tenté d'éclairer cette affirmation.

Ma conclusion: affirmer aujourd'hui que la catastrophe de Tchernobyl ne tuera que 4000 personnes n'a aucun sens et relève de la désinformation.

La liste ci-après proposée résume les principaux éléments étayant cette conclusion, dont le reste du document présente les détails.

Conclusions[modifier]

  • la conclusion officielle publiée par le Forum circonstancie les décès de façon opaque: « premature deaths of around 4000 people from the 600 000 affected by the higher radiation doses ». Ces 4000 décès portent sur un sous-ensemble mal défini « exposé aux plus hautes doses de radiations », néglige les autres populations exposés (des experts sont moins optimistes).
  • la version française du communiqué annonçant cette conclusion est une très infidèle traduction
  • les auteurs et relecteurs de chaque thèse présentée (hors des références à d'autres travaux) dans les rapports disponibles ne sont pas clairement identifiés, donc nul n'endossera une erreur
  • l'agence la plus impliquée dans le dossier (IAEA) a pour mission de promouvoir le nucléaire civil, sa seule caution de l'exactitude de sa propre conclusion semble par conséquent insuffisante car la rend juge et partie
  • nul scientifique n'a explicitement émis ou adopté la conclusion publiée. Un communiqué de presse précise que 100 scientifiques validèrent les travaux mais leurs noms demeurent introuvables. Ces noms sont vraisemblablement ceux d'auteurs de travaux cités dans les rapports rédigés par le Forum, mais qui ne rédigèrent ni n'endossent la "conclusion" diffusée. Cette dernière a, de l'aveu même du responsable de l'une des études, été forgée par un service chargé des relations publiques et que les scientifiques ne voulaient pas résumer ainsi
  • le rapport d'étude dont la conclusion officielle de 2005 se réclame n'existait qu'à l'état de brouillon, il n'était pas publié donc ne fit pas l'objet d'une revue par les pairs ni d'une publication dans une revue scientifique à comité de lecture. Il ne s'agit donc pas d'une étude acceptée par la communauté scientifique alors qu'elle est donnée pour telle
  • aucune des conclusions diffusées dans les résumés et conclusions ne se trouve, sous la même forme, dans les rapports. En particulier:
    • aucun rapport n'abrite la principale donnée numérique (4000) de la conclusion
    • les études ne portent que sur les effets en Russie, Ukraine et Biélorussie mais les conclusions officielles laissent entendre qu'elles présentent un bilan global (car commencent par « In total »), alors même que des matières dangereuses atteignirent d'autres pays
    • le rapport 'santé' porte sur les seuls cancers et leucémies alors que les radiations causent d'autres atteintes, certes moins directement létales, et présentent également un caractère mutagène et tératogène
  • la conclusion, présentée comme issue de l'ONU, est celle d'agences et non de l'Organisation même qui ne fait que la citer mais ne l'endosse pas
  • l'IAEA et l'OMS, principales organisations impliquées, se contraignent, de façon réciproque et mutuelle, à ce qu'aucune ne publie d'information considérée comme fâcheuse par l'autre. La caution de l'OMS à l'étude portant sur les aspects relatifs à la santé est donc elle-même ... sujette à caution, puisqu'elle ne doit y laisser que ce que l'IAEA tolère
  • les autres agences de l'ONU impliquées sont proches de l'IAEA voire d'industriels du nucléaire civil
  • le rapport 'santé' recèle des doutes majeurs et explicites quant à la qualité des prévisions qu'il avance car rappelle:
    • qu'un cancer induit par des radiations se déclare après au moins 10 ans et en moyenne 20-25 ans, or ce délai n'est pas écoulé et les observations étayant l'étude datent de 1998 (donc au plus 12 ans après l'exposition)
    • que prévoir le nombre de cancers qui surviendront à terme est difficile à cause de:
      • la médiocre qualité des données,
      • l'adéquation limitée du modèle,
      • la faible capacité à distinguer les effets respectifs de la catastrophe et de la dégradation du contexte socio-économique
  • les prévisions du rapport 'santé' procèdent de méthodes contestées car :
    • ne tiennent pas compte de certaines sources scientifiques d'informations et de mesures (qui réfutent les thèses lénifiantes)
    • négligent les effets de certaines radiations faibles
    • découlent d'un modèle issu d'observations réalisées dans un contexte très différent (irradiés de Hiroshima et Nagasaki). Les scientifiques qui menèrent l'étude du Forum ne voulurent pas même tenter de réfuter l'inadéquation de ce modèle
    • sont étayées par des mesures ne portant que sur un sous-ensemble des seuls liquidateurs aujourd'hui Russes (les autres, originaires d'Ukraine et du Biélorussie, sont négligés). Cet échantillon russe est non qualifié, il n'abrite peut-être que des liquidateurs qui furent peu exposés, donc sa représentativité demeure incertaine, ce qui invalide les résultats présentés. Pis: de nombreux rapports (l'un d'eux établi par l'ONU en 1995) montrent que l'absence de gestion des informations nécessaires rend impossible de retrouver le plus gros des liquidateurs. Des informations pertinentes, en particulier relatives à l'exposition des liquidateurs, sont douteuses.

Motivation des désinformateurs[modifier]

Vladimir Tchouprov, responsable de la branche russe de Greenpeace, a déclaré que ce bilan a pour objectif de soutenir idéologiquement le programme de construction de 40 nouveaux réacteurs nucléaires en Russie avant 2030, alors que 70 à 80 % des Russes s'opposent à la construction de centrales nucléaires près de chez eux.

Organisations impliquées[modifier]

IAEA[modifier]

L'IAEA constitua et finança le Forum. Nous redoutons par conséquent un certain biais (voire un biais certain) car cette organisation a pour mission de promouvoir le nucléaire civil.

L'IAEA s'occupe, outre de centrales atomiques, de désarmement, de recherche (médecine, agriculture, physique nucléaire), de contrôle visant à s'assurer que des pays n'utilisent pas le nucléaire à des fins militaires, de la gestion de sources radioactives car il n'y en a pas que dans les bombes et les centrales mais également dans certains détecteurs, vieux paratonnerres, machines de laboratoire, hôpitaux et aéroports, certains stérilisateurs et détecteurs (par exemple de fumée)...

OMS[modifier]

L'OMS (Organisation Mondiale de la Santé, ou WHO pour World Health Organization), agence des Nations Unies (tout comme l'IAEA), est membre du Forum et y veille aux questions relatives à la santé.

Sur le site de l'OMS l'étude du Forum était présentée flanquée d'une mention "DRAFT REPORT, Final report is expected early in 2006". Rien n'indiquait par conséquent que la communauté scientifique examina ces travaux ni que les résultats de sa version définitive correspondront à ce que le communiqué claironne comme s'il s'agissait d'autant de certitudes.

Le communiqué de presse diffusé par le site de l'OMS traite d'ailleurs des travaux du Forum avec des précautions oratoires, comme c'est perceptible dès sa première ligne: "A total of up to 4000 people could eventually die". Noter l'emploi de could et non de will. Une estimation sûre d'une valeur maximale, en ces cercles, s'exprime par exemple grâce à will couplé si nécessaire à at most. Il suffit, pour s'en convaincre, de lire d'autres déclarations de ce genre. L'IAEA elle-même emploie "could".

À sa façon, toutefois, le communiqué de l'OMS surenchérissait sur celui de l'IAEA car posait d'emblée qu'"an international team of more than 100 scientists has concluded", sans pour autant fournir, comme c'est l'usage, les noms de ceux qui formulèrent la conclusion. Nous avons en vain cherché un résumé officiel flanqué de ces noms.

La zone du site de l'OMS traitant de la catastrophe de Tchernobyl (comme son équivalent pour la thématique «recherche») n'annonce pas de nombre de victimes.

Relations entre l'OMS et l'IAEA[modifier]

Un pacte interdit à l'OMS de publier d'information considérée comme fâcheuse par l'IAEA. Cet accord référencé "WHA 12.40" distord leurs relations et son caractère non-scientifique est dénoncé.

L'OMS, qui gère le rapport le plus lourd de sens sur le plan de la santé, ne peut par conséquent diffuser ce que l'IAEA souhaite taire et se trouve donc, par transitivité, elle-même juge et partie.

UNDP[modifier]

L'United Nations Development Programme (UNDP) (Programme des Nations Unies pour le Développement), autre agence de l'ONU, participa au Forum.

AREVA (géant du nucléaire français) a depuis embauché Zéphirin Diabre (alors directeur général adjoint) qui y sera Chairman Afrique et Moyen Orient au sein de la Direction International et Marketing. Gageons qu'il ne manquera pas d'y user de son image et entregent ONUsiens afin que d'autres Forums accouchent de lénifiants communiqués.

Ce développement révélateur ne semble pas exceptionnel car l'UNDP dépêche des Volontaires des Nations Unies dont certains délivrent des 'conseils' alors qu'ils sont en fait salariés d'entreprises impliquées.

Grâce à l'industrie du nucléaire une évolution de carrière ressemble à un 'prime de bonne volonté' tandis que volontariat pour le développement rime avec 'avant-vente' ...

FAO[modifier]

La Food and Agriculture Organization of the United Nations (organisation des Nations Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture), autre agence de l'ONU, participa au Forum.

Elle co-gère avec l'IAEA, depuis 1964, un conséquent projet.

ONU[modifier]

Sur le site de l'IAEA la présentation de l'étude, intitulée UN Report Provides Definitive Answers (Un rapport définitif des Nations Unies fournit des réponses sûres), est trompeuse car la zone adéquate du site officiel de l'ONU ne mentionne pas cette étude et que le site officiel de l'ONU traitant de Tchernobyl ne la référence pas davantage.

Rappelons que l'IAEA, comme l'OMS, ne sont que des agences de l'ONU et non l'ONU même. Pour ce que nous en comprenons un concessionnaire automobile parlant au nom de la marque qu'il représente disposerait d'aussi peu de crédit. C'est vraisemblablement la raison pour laquelle l'ONU reprend le communiqué du Forum en ajoutant un sous-titre (Reissued as received.), ce qui signifie qu'elle relaie ainsi une annonce dont la toute première ligne précise l'origine ('IAEA/WHO/UNDP', et non 'UN' pour United Nations) tandis que le 'contact' proposé (en fin de document) est bien l'IAEA (l'autre est celui de leur agence de relation publiques).

Constats et mise en perspective[modifier]

Le Forum diffuse depuis septembre 2005 un ensemble de documents intitulé Chernobyl: The True Scale of the Accident. 20 Years Later a UN Report Provides Definitive Answers to Repair Lives, présenté comme résultant d'études scientifiques. Selon le Forum ces rapport sont le substrat des conclusions qu'il diffuse.

Voici l'une des principales conclusions officielles du Forum:


In total, it is expected that radiation has caused, or will cause, the premature deaths of around 4000 people from the 600 000 affected by the higher radiation doses due to the Chernobyl accident.

(Seules 4000 personnes environ, parmi les 600000 personnes atteintes, décédèrent ou décéderont, de façon prématurée, à cause des hautes doses de radiations émises lors de l'accident survenu à Tchernobyl.)

Or l'ONU énonça dans son rapport officiel d'assemblée générale de 1995 que:

  • le nombre exact de liquidateurs reste inconnu mais pourrait atteindre 800000 selon l'estimation formulée par l'OMS (IPHECA)
  • le plus gros du suivi de leurs destinées était alors hautement imprécis : "In the time since, these people have dispersed across the former Soviet Union. Much of the registering and tracing of their whereabouts is highly inaccurate, in part because of the break-up of the Soviet Union and subsequent socioeconomic changes. There is even uncertainty as to how many participated in the liquidation efforts."

L'ONU posa ainsi, en 1995 (9 ans après la catastrophe), qu'elle ne parvenait pas à pister les liquidateurs. Le Forum annonça quant à lui en 2005 qu'il menait étude depuis 2003 afin de déterminer le sort (passé et à venir) de 200000 d'entre eux ... sans en examiner un seul.

Le rapport de l'ONU recelait peut-être des inexactitudes. Par exemple parce que les traces des liquidateurs existaient alors peut-être, stockées en un endroit inconnu des experts. Mais les rapports d'études fournis par le Forum n'exposent pas si (et comment) ces informations furent retrouvées. Les études du Forum ne prirent en fait nullement en compte la réalité observable, en particulier l'état actuel de la santé des liquidateurs.

De surcroît la formule "affected by the higher radiation doses due to the Chernobyl accident" qu'emploie le Forum recèle une imprécision car le sens de "higher" reste flou et nous n'avons pu découvrir ce qui distingue les higher radiation doses de l'ensemble des doses léthales. Se pourrait-il que celles-là ne soient qu'un menu sous-ensemble de celles-ci?

Ces principales conclusions officielles du Forum ne renvoient pas aux définitions pertinentes des termes qu'elle emploie ni à la description des éléments les plus saillants du contexte de l'étude.

Les affirmations du Forum sont très imprécises et découlent d'une étude non publiée qui n'est donc pas validée par la revue par les pairs ... donc aux conclusions pour le moment non établies aux yeux de la communauté scientifique.

En somme, selon le Forum, environ 4000 personnes membres d'un groupe mal défini (et dont on a pour bonne part perdu la trace) décèderont au total pour une cause mal précisée. Il ne fournit pas les identités des scientifiques qui établirent cela.

Documents disponibles[modifier]

Le Forum diffuse des brouillons de rapports d'études, seul substrat apparent de ses conclusions. Comme énoncé il nous semble inacceptable de conclure ainsi avant publication mais, à toutes fins utiles, nous avons tenté d'y retrouver les données des "conclusions" publiées.

Rapport "Health"[modifier]

La Forum diffuse un rapport des travaux menés par son groupe d'experts en matière de santé (dont le sigle est "EGH").

Ce rapport, intitulé Health Effects of the Chernobyl Accident and Special Health Care Programmes, est un brouillon (mention "Working Draft" placée sous le titre en page 1, fond de nombreuses pages frappé d'une mention DRAFT grisée), ce qui ne permet à notre connaissance pas de le considérer comme publié donc accepté par la communauté scientifique.

Nous n'avons pu trouver, dans ce rapport, mention de 4000 décès (jusques et y compris en y cherchant '4000', '4,000', '4.000', 'thousand' et 'hundred' ainsi que des résultats partiels publiés: '950' (pour '3950'), '940' (pour '3940'), '3,9' et '3.9').

Nous n'avons pu trouver de noms d'auteurs que dans la liste intitulée APPENDIX 1. CONTRIBUTORS TO THE REPORT OF THE EXPERT GROUP "HEALTH" / CHERNOBYL FORUM (imprimée page 178) mais elle:

  • mêle les noms des auteurs et ceux des relecteurs car ne précise pas le rôle, durant l'élaboration du rapport, de chacune des personnes nommées
  • ne fournit pas l'identité des auteurs et des relecteurs de chaque section

M. Repacholi, secrétaire scientifique de l'EGH[modifier]

Le brouillon de rapport portant sur les aspects relatifs à la santé, déjà cité, précise (page 179) que le Dr Michael Repacholi, "Coordinator of the Radiation and Environmental Health Unit" de l'OMS (il a, depuis, quitté l'OMS), fut le Scientific Secretary de l'EGH.

Article paru dans 'Nuclear News'[modifier]

Le mensuel Nuclear News édité par l'American Nuclear Society (ANS) (qui est favorable au nucléaire civil et n'a rien d'un fanzine échevelé chevillé de chenapans chevelus) lève un pan du voile dans son numéro d'octobre 2005 (page 46), qui traite de la présentation officielle des études du Forum, à laquelle le Dr. Repacholi participa :


The number of registered liquidators was later increased to 600 000, but only a small fraction of those were exposed to dangerous levels of radiation.

Ce qui étaye notre crainte: le communiqué officiel ("higher radiation doses") ne concerne qu'une partie de la population concernée.

Le journaliste assista semble-t-il à la conférence qui éclaira la population concernée:


among the 200 000 1986 ­ 87 liquidators, 116 000 evacuees, and 270 000 residents of the most contaminated areas.

Le nombre total de personnes (586000) semble raisonnablement proche de la taille du groupe concerné par la conclusion (600000) mais le mode de sélection de ce sous-ensemble (parmi les (800000?) liquidateurs, 400000 évacués et 5 millions de résidents exposés) n'est pas décrit.

La présentation (mars 2006) de M. Balonov, page 19, abrite à notre connaissance la plus précise description succincte:


According to bio-statistical forecast, radiation has caused, or will cause, the premature deaths of around 4000 people from the 600 000 affected by the higher radiation doses

... mais elle ne précise pas le mode de sélection de ces 600000 personnes ni ne renvoie à un document fournissant cette information.

Cet article de 'Nuclear News' décrit la conférence, tenue en septembre 2005, de présentation du communiqué. Il offre des précisions révélatrices.


Controversy seemed to be laced with some confusion when cancer specialist Elisabeth Cardis, of WHO, in a detailed presentation during the conference suggested that another 4000 might die from among the 5 million to 6 million in areas with low-level contamination. So, asked a Green Party member of the European Parliament, what is the number now? Another participant said that after 20 years of hearing that this was the world's worst nuclear accident, nobody would believe a total of 4000 deaths--that it was unbelievably low.

Michael Repacholi, of WHO, and other forum officials were put to some pains to explain that none of the predictions were meant to be exact, but merely to indicate scope. The estimates, he said, were based on models of dose-effect relationships, which in turn were based mostly on data from the survivors of the Hiroshima and Nagasaki bombs. It was noted that the two events were very dissimilar: The bomb survivors received a burst of acute exposure, and the accident at Chernobyl caused a chronic low-level condition. The same models could not be applied to both. The scientists did not want to include numbers for predicted deaths, but public relations officials had wanted them in the summary, Repacholi said in answer to questions.


La déclaration officielle de la scientifique E. Cardis (4000 might die from among the 5 million to 6 million in areas with low-level contamination) est très différente de ce que le communiqué de presse énonce car:

  • ne concerne que des zones peu contaminées,
  • emploie 'might', qui n'exprime pas une certitude et précise mal la portée temporelle.

Le journaliste de Nuclear News rend ensuite compte d'une controverse confuse née de cette affirmation.

Puis il expose la gêne qu'éprouvèrent manifestement des scientifiques du Forum alors que l'un d'eux, le Dr Repacholi (également gêné), expliquait que les estimations de l'étude découlent de modèles des effets des radiations fondés sur des données collectées sur les survivants d'Hiroshima et de Nagasaki. Il fut rappelé, durant la conférence, que le cas des personnes faiblement exposées durant de longues périodes (y compris de façon 'interne', donc à cause d'aliments irradiés), par exemple à cause de l'accident survenu à Tchernobyl, est très différent de celui des survivants japonais qui furent soumis à d'intenses radiations (externes) durant un très bref laps de temps (la section "Risques liés aux faibles doses" propose des informations pertinentes). Le journaliste note ensuite que le Dr Repacholi, qui ne tenta pas de réfuter cela, précisa que les scientifiques ne souhaitaient pas publier de prévisions dans les communiqués (peut-être de crainte de les y trouver isolées de leur contexte) mais que les services des relations publiques en exigèrent (où elles furent, comme redouté, livrées sans aucun éclairage).

Les propos du Dr Repacholi ("The scientists did not want to include numbers for predicted deaths, but public relations officials had wanted them in the summary") éclairent peut-être le fond de l'affaire: l'étude est fondée sur une approche (type de sélection de l'échantillon, mode d'acquisition des données le concernant, méthode d'analyse (donc modèles retenus), périmètre des prévisions possibles ...) dont certains éléments sont discutables, et qu'elle pose clairement comme tels. Mais les communiqués synthétiques ne rappellent pas ces réserves donc sont trompeurs.

En d'autres termes une étude commençant par "si l'on pose qu'une greffe pratiquée sur une femelle sera pleinement fonctionnelle ..." est résumée par «ta tante en aura, il te faudra dorénavant l'appeler 'oncle'».

Le communiqué de l'OMS relatif à l'étude contient: "But, says Dr Michael Repacholi, Manager of WHO's Radiation Program, 'the sum total of the Chernobyl Forum is a reassuring message'". Nous avons tout lieu de croire qu'il traite là d'éléments de l'étude et non des résumés tronqués et distordus.

Nul (ni le Dr Repacholi, ni l'un quelconque des scientifiques du Forum) n'endosse manifestement la conclusion proclamée.

Analyse succincte du contenu de l'étude 'health'[modifier]

L'entrée en matière du chapitre 16, page 136, est frappée du fond de page DRAFT mais la description d'objectif est prometteuse: "The purpose of this section is to try to answer the question about the possible number of deaths attributable to radiation exposure from the Chernobyl accident.".

Page 137 la mention "A number of recovery workers and fireman received acute whole body irradiation with high doses, (i.e. 2 to 20 Gy) and died due to acute radiation sickness (ARS).". Les higher radiation doses de la conclusion officielle sont-elles comprises entre 2 et 20 Gy ? Dans quelles conditions (mode d'exposition, durée, 'débit de dose'?) Une dose inférieure à 2 Gy réduit-elle l'espérance de vie d'un humain?

Page 138 la section Studies of emergency workers (16.2.2) précise: "Fatalities due to the Chernobyl accident in persons other than those with ARS have been estimated based on the data in the national registries of Belarus, Russia and Ukraine, which contain both dose and medical information for 550 000 emergency workers and more than 1.5 million people residing in contaminated areas.". Ces données sont-elles fiables, alors que les constats établis à ce propos par l'ONU en 1995 (lire ci-avant) posaient qu'elles ne l'étaient alors pas? Les auteurs du rapport ne s'inquiètent pas de cela. Pis: le rapport même (section 5.2, page 25) étaye nos doutes en étayant l'analyse de l'ONU: "Gaps in knowledge. The national registries data are incomplete, as they cover less than half of the total number of recovery operation workers, and do not include information on affiliation or on the type of work carried out on the site.".

On lit ensuite "Only in Russia, have age matched control and dose response studies been performed on the liquidators. This is important because evaluation of the dose response is the most reliable method for revealing radiation induced health effects.". Seuls des liquidateurs russes (et non belarus ou ukrainiens) firent l'objet de mesures.

"Among the 61 000 Russian emergency workers under study" rappelons que le rapport de l'ONU de 1995 reprenait des informations de l'OMS (IPHECA) selon laquelle la Russie abritait alors environ 350000 liquidateurs. En quoi les 61000 Russes étudiés sont-ils représentatifs? Furent-ils sélectionnés parmi les liquidateurs les moins exposés?

Le Forum (cf. 5.2 page 22 du rapport Health consequences of the Chernobyl accident) ne précise pas:

  • s'il retrouva des liquidateurs afin d'évaluer leurs états de santé et de déterminer leurs comportements réels durant leurs interventions (qui se trouva longtemps près de la centrale? Qui demeura loin d'elle?) afin d'évaluer leur exposition aux radiations. Les résultats de ces comportements (par exemple des déblaiements effectués) ne renseignent guère à ce propos car ne révèlent rien de l'adéquation des mesures de protection de l'intervenant chargé d'une tâche particulière lors des travaux, parce des débris furent parfois déplacés à plusieurs reprises et parce que les temps de trajet jusqu'à la centrale n'étaient pas mesurés. Seul un examen physiologique offre donc moyen d'évaluer cela, or pour y procéder sérieusement il faut déterminer le sort d'individus constituant un échantillon représentatif puis examiner les survivants
  • la raison pour laquelle 600000 personnes sont pour lui concernées alors que les seuls liquidateurs pourraient avoir été plus nombreux et qu'il faut ajouter à leur cohorte celle de nombreux résidents (le rapport de l'ONU précise "Almost 400,000 people have been forced to leave their homes")

La page 142 répète que les liquidateurs Belarus et Ukrainiens ne firent pas l'objet d'examens. "One could also use the Russian data to estimate mortality for the Belarusian and Ukrainian emergency workers (74 000 and 291 000 persons, respectively) assuming the same distributions occurred. So far, this work has yet to be done.". De sucroît le nombre d'individus de chacun de ces groupes que le texte propose n'est pas étayé et ne correspond pas aux informations disponibles par ailleurs (ONU).

L'auteur poursuit: "So far the increased mortality in emergency workers has only been estimated up to 1998. It is well known from long-term epidemiological studies, such as the atomic bomb survivors, that radiation-associated morbidity and mortality increases should be expected during the decades to come.". Si nous entendons bien cela: Les estimations ne portent que jusqu'à 1998 et les connaissances acquises grâce aux observations menées sur les survivants aux bombes nucléaires montrent que les atteintes à la santé ainsi que la mortalité induites par les radiations augmenteront durant les décennies à venir.. Rappelons que la catastrophe libéra 400 fois plus de radiations dangereuses que le cumul de ce qu'émit la bombe atomique qui détruisit Hiroshima et causa une pollution rémanente et des expositions internes (les populations locales ingèrent des aliments contenant des radioéléments).

"This is especially relevant to solid cancers, except for thyroid cancer, because the current observation period is only slightly longer than the recognized minimum latency period of about 10 years for many of the cancers.". Ceci confirme que le risque de développer un cancer augmente environ 10 ans après l'exposition aux radiations et "the current observation period is only slightly longer" se rapporte vraisemblablement aux 12 années séparant 1998 (année de collecte des données employées dans l'étude) de 1986 (année de la catastrophe).

La précision (page 142) "Because of the uncertainty in the epidemiological model parameters, any prediction for the future mortality based on recent RNMDR findings should be made with caution." (le sigle RNMDR désigne le Russian National Medical Dosimetric Registry) laisse, pour ce que nous en comprenons, planer un doute sur la qualité des prévisions possibles, donc sur des résultats partiels présentés par l'IAEA en tant que bilan global et certain.

D'autres réserves de même nature sont par ailleurs (page 147) émises quant à la qualité des données ainsi qu'à la capacité d'une étude à distinguer les atteintes imputables à la catastrophe de celles que cause la dégradation des conditions de vie: "Because of the uncertainty of epidemiological model parameters, predictions of future mortality or morbidity based on the recent post-Chernobyl studies should be made with special caution. Significant non-radiation related reduction in the average lifespan in the three countries over the past 15 years remains a significant impediment to detecting any effect of radiation on both general and cancer morbidity and mortality.".

La phrase "While no increase in overall solid cancer mortality has yet been detected, one must remember that with the known minimum latency of about 10 years and average latency about 20-25 years, the majority of radiation induced cancers would be predicted to occur in the future." relevée page 146 semble confirmer que les cancers déjà dépistés ne laissent guère présager de ceux qui surviendront.

Les données fournies par cet établissement étayent les propos présentés dans la section 16.2 du rapport, par exemple dès la page 138: "According to the data in the Russian National Medical-Dosimetry Registry (RNMDR), the standardized mortality ratios (SMR) for all causes of death (Figure 16.1) and for non-cancer mortality (Figure 16.2) of the 192 000 persons of the Russian emergency workers was lower, but did not significantly differ from the whole Russian population". Les graphiques proposés (pages 139-140) concernent la période 1991-1998. Les conclusions de la page 146 "The RNMDR data indicate that 4.6% of the Russian emergency workers fatalities that occurred during the 12 years following the Chernobyl accident can be attributed to radiation-induced diseases.", donc qu'après 12 ans 4.6% des décès seraient déjà imputables aux radiations (causant divers types d'atteintes). Sachant que la vague de cancers ne commence qu'après au minimum 10 ans et souvent 20 ans...

Rapport "Environmental Consequences"[modifier]

La première page d'un autre rapport diffusé par le Forum énonce son titre Environmental Consequences of the Chernobyl Accident and Their Remediation: Twenty Years of Experience. Il recelait alors la mention "WORKING MATERIAL (Limited Distribution)", ce qui ne permettait à notre connaissance pas de le considérer comme publié et scientifiquement établi, donc susceptible de fournir matière à un "bilan définitif".

Il traite des conséquences sur l'environnement, les propos qui s'y trouvent ne sont pas attribués à un auteur et nous n'avons pu y trouver d'exposé relatif au nombre total des décès. Nous n'en rendrons pas compte ici.

Les études aux auteurs anonymes sont-elles répandues?[modifier]

Faute de trouver les noms des auteurs nous avons tenté de déterminer s'il advient fréquemment qu'une conclusion repose sur une étude dont, indépendamment du fait qu'elle n'ait pas dépassé le stade de brouillon, les auteurs de chaque section (ou de l'ensemble) ne sont pas clairement identifés. Deux heures de recherches ne nous permirent pas de découvrir un seul autre cas.

L'usage veut que même un compte-rendu synthétique présentant les conclusions d'un rapport fournisse diverses informations relatives au travail scientifique sous-jacent (souvent: nom de l'auteur, titre de la communication, lieu et date de publication). Les communiqués et comptes-rendus proposés par le Forum n'abritent rien de tel.

Dans le cas de l'OMS, par exemple, même la version succincte d'un rapport d'étude mentionne explicitement les noms et qualités des principaux membres de l'étude qui en endossent le contenu (Core Research Team), du comité de pilotage (Steering Committee) ainsi que des équipes opérationnelles (par exemplee déployées en "Country Research Teams"). Des responsables ou sommités en fournissent parfois l'avant-propos. Pour s'en convaincre il suffit de consulter un rapport succinct à ce jour diffusé.

Valeur des rapports d'études[modifier]

Nous ne pouvons déterminer qui énonça ou vérifia l'une quelconque des informations (hors des travaux cités) proposées dans les rapports. Nul ne signe donc n'endosse ces thèses. Six des contributeurs cités appartiennent semble-t-il à l'IAEA: M. Balonov (qui présida par ailleurs au rapport SOURCES AND EFFECTS OF IONIZING RADIATIONS de l'UNSCEAR, en 2008), B. Batandjieva, D. Byron, J. Hendry, D. Louvat, D. Reisenweaver. Il est possible, mais ce n'est qu'une hypothèse, qu'il rédigèrent.

Or les conclusions sont présentées comme découlant de tout cela.

Autres communiqués et informations résumant l'étude[modifier]

Dans la section In Focus: Chernobyl des FAQs de l'IAEA on trouve:


How many people died and how many more are likely to die in the future?

The total number of deaths already attributable to Chernobyl or expected in the future over the lifetime of emergency workers and local residents in the most contaminated areas is estimated to be about 4,000.


Cette réponse pose qu'environ 4000 décès surviendront au total mais l'imprécision des "higher radiation doses" laisse ici place à deux autres paramètres flous: emergency workers (qui est considéré comme appartenant à ce groupe?) et most contaminated areas (quelle zone géographique recouvre cette aire?). Par ailleurs l'utilité de la mention "over the lifetime" nous échappe.

Voici la VF du chapeau d'un communiqué de presse de l'IAEA diffusé le 5 septembre 2005:


Tchernobyl: l'ampleur réelle de l'accident
20 ans après, un rapport d'institutions des Nations Unies donne des réponses définitives et propose des moyens de reconstruire des vies
Jusqu'à 4 000 personnes au total pourraient à terme décéder des suites d'une radio-exposition consécutive à l'accident survenu il y a une vingtaine d'années dans la centrale nucléaire de Tchernobyl: telles sont les conclusions d'une équipe internationale de plus d'une centaine de scientifiques.

Selon ce document l'accident tuera 4000 personnes en tout.

Le Digest report proposé par l'OMS (également référencé par l'IAEA) contient:


the total number of people that could have died or could die in the future due to Chernobyl originated exposure over the lifetime of emergency workers and residents of most contaminated areas is estimated to be around 4000.

Cette fois les liquidateurs et résidents semblent tous concernés. La réponse à la FAQ citée au début du présent paragraphe est proche mais pas identique.

Traitement par des media[modifier]

La presse rendit ainsi compte de ces conclusions:

  • Le Devoir propagea (servilement?) la désinformation de l'IAEA
  • Le Monde présenta sous réserves un nombre de décès global: «Un rapport de l'ONU ramène à 4 000 le nombre de décès liés à Tchernobyl» puis traita d'un rapport, publié par l'IPPNW, éclairant le bilan du Forum
  • La Libre Belgique utilisa des termes semblables à ceux du Monde (Le bilan final de l'accident nucléaire de Tchernobyl devrait être de quelque 4000 morts) et y ajoute des précisions dont nous n'avons pu trouver trace dans le communiqué de presse mais qui semblent, tout comme leur principale affirmation, issues de (ou reprises par) l'article du Monde, par exemple "59 décès directement attribués à des radiations, dont 2 lors de l'explosion et 28 en 1986"
  • site de RFI affirma citer Michael Repacholi « il est probable que 4 000 personnes environ mourront du cancer », ce qui nous semble étrange compte-tenu de ce qu'il déclara par ailleurs dans un contexte plus sûr, et l'assertion qui lui est prêtée semble fort différente de ce que l'on trouve par ailleurs (FAQ et communiqué 2005 de l'IAEA...) car n'aurait pas exprimé une certitude ("il est probable...") ni déclaré là un total (n'affirme pas que ces 4000 personnes seront les seules victimes)
  • Le Nouvel Obs relaya des contestations et résuma
  • Le Courrier (Suisse) ne se laissa pas abuser

L'écho réservé à cette "étude" diffusée sous couvert de science, en particulier dans les media, ne constitue pas démonstration de son exactitude.

Critiques d'experts et de concernés[modifier]

Agence européenne pour l'environnement[modifier]

Dans son rapport Late lessons from early warnings: science, precaution, innovation paru début 2013, page 467, L'Agence européenne pour l'environnement retient que:


Given the widely accepted linear no-threshold radiation risk model may overstate or understate risks by a factor of two (BIER VII, 2006) -- then estimates for post-Chernobyl cancer mortality extrapolation may range from 17 000 to 68 000 over 50 years.

E. Cardis[modifier]

Dans un article du New Scientist intitulé How many more lives will Chernobyl claim? on lit:


Elizabeth Cardis, a radiation specialist from the WHO's International Agency for Research on Cancer in Lyon, France, says that 30,000 to 60,000 cancer deaths is "the right order of magnitude". She is due to publish a study later this month that will estimate the number of excess cancers attributable to Chernobyl amongst 570 million Europeans. Though they will be difficult to detect, as they will only form a tiny proportion of the millions of cancer deaths from all causes, this doesn't mean that they should be ignored, Cardis says. "They are real people who suffer from the accident."

Elle précisa à Nature, à propos du communiqué du Forum, "I didn't expect the numbers to be picked up and used in a press release without qualification" (Je ne m'attendais pas à ce que des nombres soient extraits (de l'étude) et utilisés dans le communiqué sans aucune correcte description de leur sens).

En pratique E. Cardis signe une étude publiée fin avril 2006. Elle prévoit qu'environ 16000 décès pourraient survenir consécutifs, dans la plus grande partie de l'Europe, à des cancers suscités par la catastrophe. L'incertitude statistique (lire la note 3) mène à établir le minimum à 6700 et le maximum à 38000.

Or E. Cardis supervisait les aspects de l'étude du Forum relevant des cancers et de la leucémie (cf. présentation (mars 2006) de M. Balonov, page 2), donc les membres du Forum reconnaissent sa compétence en la matière mais ne voulaient semble-t-il pas intégrer cette conclusion («environ 16000 décès et jusqu'à 38000», plutôt que leur 4000 en tout...).

M. Fernex[modifier]

Le texte de Michel Fernex intitulé La catastrophe de Tchernobyl et la santé résume le gros du problème. La liste des atteintes potentielles (cancers, leucémie, malformation congénitale, problème endocrinien, diabète sucré, atteinte neuro-psychiatriques, cardiomyopathie, maladie allergique (asthme) ...) ainsi que celle des limogeages de scientifiques non inféodés donc publiant des travaux honnêtes et reconnus, même si leurs résultats sont inquiétants (Bandazhevsky, Okéanov, Nesterenko), laisse songeur.

Cf. également son exposé détaillé.

Rosalie Bertell[modifier]

Rosalie Bertell, Ph.D., GNSH a rédigé une analyse critique, adaptée en français par S. Fernex. En voici des extraits:


des scientifiques et médecins honnêtes, qui ont tenté d'expliquer les graves atteintes et les effets à long terme de l'exposition au nucléaire, ont été réduits au silence.

[ ... ]

immédiatement après le 26 avril 1986, la politique de l'AIEA a consisté à considérer officiellement comme cas de "radiophobie", symptôme purement psychologique, tous ceux qui n'avaient pas reçu le certificat "gravement exposé" dans la tente médicale, dressée pour recevoir les "liquidateurs" du désastre. C'est pourquoi les médecins locaux ont affirmé aux gens qu'ils n'avaient à craindre aucune conséquence médicale suite à leur exposition, à part peut-être un cancer dans dix ou vingt ans. Mais pas de problème. Il ne serait plus possible de distinguer les futurs cancers radioinduits des cancers "naturels".

[ ... ]

Dès le début, ce domaine a été investi par les physiciens du Projet Manhattan, soucieux de préserver les secrets de l'ère nucléaire pendant la Seconde Guerre Mondiale. En effet, les rayonnements étaient un effet direct de la bombe atomique. Le secret a obligé ces "scientifiques durs" à négliger la grande diversité des atteintes sanitaires


A. Yablokov[modifier]

Le professeur Alexey Yablokov (Member of European Committee on Radiation Risk, Head of the Program for Nuclear and Radiation Safety of the International Social and Ecological Union and the Center for Ecological Policy of Russia) publia une critique du rapport notes to the report "Health Effect of the Chernobyl Accident and Special Health Care Programmes" (2005) dont voici un extrait:


It's worth noting another fact that makes the presented report scientifically vulnerable: it is the obvious partiality of experts from the IAEA and WHO. According to the principle that dates back to the Roman law, you can't be a judge in our own home. However, evaluation of effects of the nuclear industry's development was commissioned to specialists who have close contacts with the industry. This situation is called the "conflict of interests". According to its by-laws, the main goal of the IAEA's activities is proliferation of "peaceful atom". The connection with the nuclear industry predetermines inevitable prejudice of any evaluations by the IAEA. This prejudice also affects the World Health Organization (WHO): there is an agreement between the IAEA and the WHO from 1958, which makes WHO seek for approval of the IAEA on all atomic issues.

In the report this partiality is openly declared with a demand to consider publications only from the selected range of scientific journals. This means those, in whose editorial boards (and, hence, among reviewers) there are specialists connected to atomic industry. Because of the conflict of interests such specialists oppose publications that show negative impacts of nuclear technologies. Then, after the general remarks, there are some comments on particular chapters of the report addressing specific effects of the Chernobyl accident to the health.


Voici un extrait de sa conclusion: "partiality of the authors of the report. [ ... ] On the whole, the report is a desperate attempt to distort the real picture [ ... ]. It by orders underestimated the scale and consequences [ ... ]".

Une communication en russe de 2007 présente une analyse d'éléments d'ordre scientifique. Selon ses auteurs, trois scientifiques de renom (dont Yablokov), les dossiers médicaux relatifs à la période 1986 à 2004 reflètent 985 000 décès causés par la catastrophe (pour la plupart en Russie, au Belarus et en Ukraine, mais également dans d'autres pays). En 2009 l'Académie des Sciences de New York (USA) publia dans ses annales une adaptation en anglais de cette étude.

WP en anglais la décrit et le compte-rendu de Karl Grossman (professor of journalism at the State University of New York) est édifiant.

A. Claußen[modifier]

Le chapitre européen de l'IPPNW (International Physicians for the Prevention of Nuclear War) publie une critique établie par le Dr (Psychiatrie und Psychotherapie) Angelika Claußen (patronyme parfois orthographié "Claussen").

Lire à ce propos On n'a pas fini d'entendre parler de Tchernobyl (IPPNW, Arte) où elle déclare "Plusieurs exemples prouvent que l'AIEA a dissimulé des informations".

Liquidateurs[modifier]

Dans le film intitulé « Le Sacrifice » un ex-liquidateur témoigne: «Le premier jour le dosimètre a montré 34 Röntgens, mais ils ont noté 9. Le deuxième jour c'était 30 mais il ont noté seulement 5», puis un autre affirme que son taux d'exposition a été sous-estimé avant d'être consigné, et qu'il protesta en vain. S'ils disaient vrai les savants calculs reposent sur des données contestables.

Autres lacunes et failles de la thèse de l'IAEA[modifier]

20 ans après: les hirondelles du site[modifier]

La conclusion (avril 2007) d'un résumé d'étude semble révélatrice. En résumé des hirondelles résidant près de Tchernobyl subissent un taux élevé de malformations génétiques réduisant leur fertilité et longévité. Or il est difficile d'imputer cela aux excès (tabagie, alcoolisme...) imputés aux conséquences psycho-sociales de l'effondrement de l'empire soviétique qui, selon l'IAEA, serait la principale cause du malheur des populations.


a new study shows that barn swallows living near Chernobyl, which is in the Ukraine, suffer from many more birth defects and abnormalities than would ordinarily be expected.

In addition, the swallows are not living as long and are not breeding as successfully as their distant counterparts.

By studying birds rather than humans, the researchers have been able to separate the physiological effects of the radiation from sociological and psychological ones.

"Birds don't drink, birds don't smoke, and they don't suffer the same kind of stresses as humans" that can cause diseases such as cancers, said study co-author Tim Mousseau, a biology professor at the University of South Carolina and a National Geographic Society Committee for Research and Exploration grantee.»


(( ... ))

Keith Baverstock, an environmental scientist at the University of Kuopio in Finland and co-author of a 2001 United Nations report on human health around Chernobyl, agrees that the results of the bird study are worrying.
(( ... ))
"this is a matter that needs urgent attention."


Risques liés aux faibles doses[modifier]

D'aucuns affirment qu'une exposition même prolongée à de faibles doses n'induit pas de risque, or un rapport d'étude de l'International Agency for Research on Cancer concluait en juin 2005: "Le principal résultat de cette étude est qu’il semble y avoir une légère augmentation du risque de cancer, même aux faibles doses et débits de dose généralement reçus par les travailleurs du nucléaire dans cette étude.". Elle conclue qu'entre 1 et 2% de décès supplémentaires (cancers et leucémies) seraient attribuables à une irradiation moyenne de 19 millisieverts. L'étude 'santé' (page 27, tableau 5.2) pose que les évacués du Bélarus furent exposés à (en moyenne) environ 30 millisiverts (externe) et 6 millisiverts (interne).

Dans un communiqué publié en mars 2006 (Contaminations radioactives chroniques, dans le cadre du programme de recherche ENVIRHOM), l'IRSN note:


  • Certaines grandes fonctions physiologiques des organismes vivants, telles que la respiration, le comportement ou l'alimentation, sont modifiées de manière très précoce et à de faibles niveaux d'exposition.
  • Des réponses plus tardives sont observées sur les grandes fonctions telles la reproduction lorsque les durées de l'exposition deviennent significatives par rapport à la durée de vie de l'organisme étudié. Ces réponses apparaissent à partir d'un seuil.
  • Les résultats obtenus chez le rat de laboratoire montrent que les effets des expositions chroniques ne peuvent pas être extrapolés à partir des connaissances des effets des expositions aiguës.
  • Les résultats obtenus mettent ainsi en défaut l'un des paradigmes importants du système de radioprotection, tout au moins pour le modèle rat contaminé à l'uranium par ingestion. Les expositions chroniques par contamination interne ont eu en effet des résultats inattendus en termes de cible (organes atteints) et d'effets biologiques. Cependant, il n'est pas démontré que ces effets biologiques ont des conséquences sanitaires et conduisent à des développements de pathologies. De même, il reste à déterminer dans quelle mesure les résultats obtenus sur un modèle expérimental sont extrapolables à l'homme, et valables pour d'autres radioéléments.

Les effets des expositions chroniques ne peuvent pas être extrapolés à partir des connaissances des effets des expositions aiguës.

Autres pays[modifier]

La conclusion du Forum ne traite que de la Russie, de la Biélorussie et de l'Ukraine. Or Georges Charpak (Prix Nobel de Physique et très favorable au nucléaire civil) a affirmé que les retombées de Tchernobyl pourraient provoquer en France 300 cancers léthaux en France sur trente ans. Tchernobyl se trouve à environ 2000 km de Paris...

Autres atteintes[modifier]

Outre les décès ne négligeons pas les maladies non mortelles diverses, malformations congénitales, impact économico-social, choc psychologique et stress induit (dont on peut traiter autrement qu'afin de prétendre qu'ils sont plus dangereux que les radiations, comme le fait l'IAEA sans paraître se soucier de leurs causes) ...

Contenu du sarcophage[modifier]

La durée de radioactivité dangereuse de nombreux composants n'est pas négligeable (période de demie-vie exprimées en années: Plutonium-238 87,7, Pu-239 24100 et Pu-240 6560), donc établir un bilan définitif aujourd'hui n'a aucun sens.

90% du volume des matières solides les plus dangereuses se trouvent en effet sous le sarcophage et bien malin qui peut aujourd'hui s'engager à ce qu'elles ne tuent pas dans l'avenir car, si n'importe quel dépôt radioactif présente bien entendu des risques, le sarcophage est plus difficile à maintenir et à démanteler qu'une centrale. Il est d'ailleurs déjà endommagé et sera sous peu restauré à grands frais (750 millions de dollars américains). Qui sait durant combien d'années encore une exposition de ces matières serait dangereuse?

Dénombrement des cancers indirectement induits[modifier]

documents présentés comme issus de l'OMS analysant les cancers de la thyroïde constatés dans le district administratif de Gomel posant que « more than 95% of the cases were reported to be highly invasive and the cancer spread to other soft tissues ».
Cela signifie-t-il qu'un cancer de la thyroïde produit dans 95% des cas des métastases donc peut former un autre type de cancer qui, en cas de décès du patient, n'est pas imputé à la catastrophe? Lire à ce propos le Pr A. Aurengo: "Certains d'entre eux ont eu un cancer extensif, très agressif, assez différent des cancers « spontanés » de l'enfant que l'on peut voir en France, avec souvent des métastases pulmonaires. Leur état est stabilisé. Il n'y a pas eu de morts. Ils mènent une vie rigoureusement normale, et ils ne paraissent pas du tout malades."

Contexte socio-économique[modifier]

Les décès imputables à la catastrophe seraient, selon certains, indiscernables de ceux que cause les problèmes socio-économiques de tous les pays issus de l'effondrement de l'empire soviétique où, en particulier, l'espérance de vie diminuerait partout.

La citation exacte provient d'un communiqué de l'OMS: "Life expectancy has been declining across the former Soviet Union, due to cardiovascular disease, injuries and poisoning, and not radiation-related illness.".

Afin d'évaluer cette hypothèse nous avons obtenu les données présentées pour pertinentes (espérance de vie) à la source même employée par les auteurs du rapport (édition avril 2006, page 98), donc auprès du bureau US du recensement.

Le premier graphique présente, pour les ex-pays du bloc soviétique les plus touchés par la catastrophe, l'évolution de l'espérance de vie à la naissance exprimée en années (ordonnée) en fonction de l'année (abscisse).

ExFirstGroup.png

On y perçoit un effondrement de l'espérance de vie, surtout en Belarus et en Moldavie, vraisemblablement parce que l'immensité de la Russie dilue mieux les effets. L'augmentation très brutale en 2004 puis 2005, en Ukraine (un an gagné chaque année), surprend et nécessite une explication (tous avis bienvenus). Dans tous ces pays l'espérance de vie, en 2005, est inférieure à celle de 1989.

Le second graphique présente cette évolution de l'espérance de vie à la naissance en fonction de l'année, mais pour d'autres pays issus du bloc soviétique.

ExSecondGroup.png

On y perçoit que partout, même dans les contextes a priori peu prometteurs (Roumanie, Kazakhstan), l'espérance de vie augmente (au pire depuis 1996) et, en 2005, est partout supérieure à celle de 1989.

L'espérance de vie est liée à la mortalité infantile, nous avons donc éclairé ce paramètre:

ExIMR.png

... et concluons qu'il n'est pas un facteur déterminant.

Les graphiques illustrant l'évolution de l'espérance de vie (à la naissance) par sexe montrent que celle des femmes diminua moins (les liquidateurs étaient surtout des hommes). La courbe de la Russie est une fois encore plus erratique, peut-être par les effets conjugués de plus nombreux et divers paramètres.

«Sur-épandage» au Belarus[modifier]

Selon le Telegraph:


Russian military pilots have described how they created rain clouds to protect Moscow from radioactive fallout after the Chernobyl nuclear disaster in 1986.
Major Aleksei Grushin repeatedly took to the skies above Chernobyl and Belarus and used artillery shells filled with silver iodide to make rain clouds that would "wash out" radioactive particles drifting towards densely populated cities.
More than 4,000 square miles of Belarus were sacrificed to save the Russian capital from the toxic radioactive material.
the population in Belarus was exposed to radiation doses 20 to 30 times higher than normal as a result of the rainfall, causing intense radiation poisoning in children.
"The local population say there was no warning"


Conclusion[modifier]

Il semble par conséquent trompeur de prétendre que l'espérance de vie diminue de façon forte et durable dans tous les pays issus de l'union soviétique. C'est bien le cas, en revanche, dans les pays les plus touchés par la catastrophe.

Données employées[modifier]

En toute rigueur il nous faudrait rendre compte ici du nombre de décès par an (publié par le bureau US du recensement) mais il nous a semblé que reprendre exactement l'argument avancé, donc analyser l'espérance de vie, intègrerait mieux tous les paramètres (tout avis bienvenu).

Tout un chacun peut obtenir les données ici présentées ainsi que la feuille de calcul employée: format OpenOffice.org (ODS, feuille originelle, graphiques inclus) et MS-Excel 5 (XLS, exportation de la feuille OOo, sans graphique), format PDF.

Synthèse[modifier]

Affirmer aujourd'hui que la catastrophe de Tchernobyl ne tuera que 4000 personnes, comme claironné, n'a aucun sens et relève de la désinformation.

Les communiqués diffusés ainsi que certains comptes-rendus fournis par les media semblent être autant de résumés honnêtes d'une thèse scientifique étayée et reconnue mais, en réalité, transmutent une baudruche en apparente certitude.

Épilogue[modifier]

L'ineffable IAEA est la co-lauréate, avec son directeur, du Prix Nobel de la Paix 2005. Avec un grand 'Paix', comme 'Propagande'.

Précisions quant à mes opinions et intentions[modifier]

Je ne suis pas a priori hostile au nucléaire mais n'apprécie guère la désinformation propagée par des instances payées par les citoyens désireux de rester informés afin de bien décider.

Toutefois mon activité professionnelle (sécurité informatique) me rappelle quasi chaque jour qu'un système complexe n'est jamais parfaitement sûr, surtout s'il est soumis à des impératifs relevant de la rentabilité et s'il obéit à des principes et implémentations soustraits à la revue par les pairs. Le logiciel constitue à ce titre, il est vrai, un fâcheux 'maximum local' mais ce que l'on constate par ailleurs montre l'universalité de cette loi.

Le 'dossier' du nucléaire civil, par l'importance des enjeux (en particulier des risques, sur les plans sanitaire et stratégique) concerne tout citoyen qui, pour décider, doit disposer d'une information complète et objective. Cette mise en perspective de la désinformation propagée par l'IAEA relève de cela. Je n'y fustige pas le nucléaire civil mais bien les agissements douteux de certains de ses tenants.

Des correspondants m'écrivirent, en substance, que "le progrès est inéluctable". Cela me semble peu pertinent car il ne s'agit pas de rejeter une avancée (le nucléaire) mais bien de déterminer un ensemble de moyens de produire de l'électricité de réseau. Rien ne montre que le nucléaire constitue aujourd'hui le meilleur. Selon les critères de disponibilité du combustible, de sûreté de la mise en oeuvre, de pollution et de réversibilité, par exemple, il n'obtient pas les meilleures notes. D'autres sources (par exemple des éoliennes off-shore voire du photovoltaïque) pourraient bien constituer le réel progrès, combattu par ceux qui privilégient l'électronucléaire de façon 'exclusiviste' donc en lui accordant un budget laissant peu de moyens aux autres approches.

Rebondissement d'avril 2006: version définitive du rapport[modifier]

Une nouvelle version, définitive, a été publiée.

Le fichier traitant des "Health Effects" (estampillé du 13 avril 2006), page 106, attribue les décès aux seuls cancers solides (et non à l'ensemble des pathologies) parmi 600000 personnes (et non pour tous les concernés) auxquels il ajoute 5000 décès parmi 6 millions d'autres individus exposés.

Le "bilan global définitif: 4000" devient donc "9000 pour les seuls cancers des 6.6 millions d'ex-soviétiques les plus exposés".

La page de garde précise que ses éditeurs sont Burton Benett, Michael Repacholi et Zhanat Carr. B. Benett est le chairman du Forum (présenté, page 160, en tant que "Technical Editor"), Carr et Repacholi sont membres de l'OMS. Le terme éditeur n'exprime pas qu'ils endossent le contenu de ce rapport. Où sont les noms des scientifiques qui le font?

Cancers détectés[modifier]

Le 13 juillet 2006 un article de la BBC énonçait que, selon plusieurs scientifiques, il n'y a, 20 ans après l'accident, pas de preuve scientifique de nombreux décès ("a number of scientists argue that 20 years after the accident there is no credible scientific evidence that any of these predictions are coming true."). Les noms de ces scientifiques ne figurent nulle part car cette assertion provient de l'étude ici mise en perspective.

Or des études de l'évolution des cas cliniques infantiles menées dès 1986 (en particulier d'Okeanov), dont voici un résumé, montrent que le nombre de décès augmente. La conclusion de l'article intitulé A national cancer registry to assess trends after the Chernobyl accident est explicite:


When comparing populations living in highly radio-contaminated regions with those living in "clean" regions, significant differences are noted in the incidence of cancer morbidity. The collective dose in the rural population is twice as high as in the urban population In even more irradiated subjects, such as liquidators. The increase of the cancer morbidity is even greater.

(( ... ))

The scientific community reads a lot about the increase of the thyroid cancer in children, consid- ered to be a consequence of the exposure to radioactive iodine. In the adult population a 5-fold increase of incidence of this cancer was found, but this fact has not yet been reflected in documents of the IAEA, and the UNSCEAR, although we have published data showing the increased incidence in thyroid cancer in adults following Chernobyl.

Un résumé de conférences de vulgarisation éclaire le contexte.

D'autres éléments significatifs affleurent. Un article du New-York Times (20 avril 2006), par exemple, montre que des médecins de New-York (USA) constatent un lien ("Doctors who treat immigrants from Ukraine, Belarus and western Russia say that they see a disturbing number of advanced cases").

Chronologie[modifier]

English version

Septembre 2005[modifier]

Le "Forum de Tchernobyl" est un groupe de travail animé par des agences de l'ONU et fondé par l'IAEA, une agence de l'ONU promeuvant le nucléaire civil).

Durant une conférence tenue en septembre 2005, il publia un communiqué, également diffusé par l'OMS, intitulé Chernobyl: The True Scale of the Accident. 20 Years Later a UN Report Provides Definitive Answers and Ways to Repair Lives (Tchernobyl: la véritable portée de l'accident. 20 après, un rapport de l'ONU établit les réponses définitives et des moyens de réparer) dont la première phrase est "A total of up to four thousand people could eventually die of radiation exposure from the Chernobyl nuclear power plant (NPP) accident nearly 20 years ago, an international team of more than 100 scientists has concluded." (4000 personnes au total pourraient mourir à cause de leur exposition aux radiations causées par la catastrophe de Tchernobyl, qui survînt voici presque 20 ans, selon les conclusions d'une équipe internationale comptant plus de 100 scientifiques.). Voici le chapeau de la VF officielle


Tchernobyl : l'ampleur réelle de l'accident 20 ans après, un rapport d'institutions des Nations Unies donne des réponses définitives et propose des moyens de reconstruire des vies. Jusqu'à 4 000 personnes au total pourraient à terme décéder des suites d'une radio-exposition consécutive à l'accident survenu il y a une vingtaine d'années dans la centrale nucléaire de Tchernobyl : telles sont les conclusions d'une équipe internationale de plus d'une centaine de scientifiques.


Le communiqué est intitulé UN Report Provides Definitive Answers (un rapport des Nations-Unies fournit des réponses définitives), ce qui est mensonger car il n'était alors:

  • pas adopté par l'ONU, car l'IAEA comme l'OMS, qui le publia, n'est pas l'ONU même. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle l'ONU adopte explicitement certains (pas tous!) rapports de ses agences. L'article IV.5.E.6 des statuts de l'IAEA (dont voici la VF officielle) énonce d'ailleurs les pouvoirs de sa Conférence générale en ces termes: "Approuve les rapports à adresser aux Nations Unies, comme il est prévu dans l'accord qui établit les relations entre l'Agence et les Nations Unies". Comment la direction de l'IAEA pourrait-elle ainsi approuver la soumission à l'ONU de rapports établis par l'IAEA si l'IAEA est elle-même l'ONU?. Il en va de même pour l'OMS dont la constitution traite d'un "Agreement between the United Nations and the World Health Organization". Comment l'OMS établirait-elle un accord avec l'ONU tout en étant l'ONU donc en pouvant communiquer en son nom? En pratique seuls ses 6 organes principaux de l'ONU (General Assembly, Security Council, Economic and Social Council, Trusteeship Council, Secretariat, International Court of Justice) s'expriment en son nom. Bref: un concessionnaire à Trifouilly-Les-Oies ne saurait rien proclamer en tant que constructeur automobile. Tout cela est trivial mais nul ne le remarqua.
  • pas définitif, puisque le texte alors publié est frappé de la mention Working Draft et le Forum publiera (cf. ci-après, section "Avril 2006") un rapport définitif dont le contenu est différent

Par surcroît nul document n'abritait à la fois les noms des plus de 100 scientifiques de l'équipe internationale ainsi que la conclusion (4000 personnes au total...) que leur prête le chapeau du communiqué.

Le Dr Repacholi, éditeur du rapport, précisa que les scientifiques ne souhaitaient pas publier de données numériques dans les résumés, vraisemblablement par crainte de les y voir isolées de leur contexte. Or le bilan 4000 décès en tout est présenté comme émis par des scientifiques. D'auteurs inconnus et officiellement rejeté par le responsable scientifique de l'étude concernée, ce résumé n'a rien de scientifique.

Ces déclarations mensongères (4000 décès en tout, selon des scientifiques, rapport définitif émis par l'ONU) figurent dans deux communiqués de presse distincts (OMS et IAEA). Elles furent reprises dans le monde entier (France, Québec, BBC...). Certains media, toutefois, la critiquèrent.

Les auteurs du communiqué (Forum), mènent une efficace et quotidienne revue de presse donc furent informés de la propagation de leurs fadaises, mais ne publièrent pas de rectificatif de leur communiqué. Le plus récent 'Media Advisory' concernant la catastrophe concerne le rapport temporaire de septembre 2005 et aucune large annonce de la version 2006 du rapport n'y figure. Cela revèle le caractère délibéré de la désinformation.

Avril 2006[modifier]

En avril 2006 la version définitive du rapport fut discrètement publiée. "4000 décès au total" est introuvable tandis que les données chiffrées fournies (page 106) sont plus inquiétantes: 9000 pour les seuls cancers solides (d'autres maladies induites sont mortelles, sans même prendre en compte les effets tératogènes et atteintes non léthales) qui tueront parmi les moins de 7 millions de soviétiques les plus exposés (rappelons que la catastrophe épandit des produits radioactifs bien au-delà de l'URSS). Il ne s'agit donc plus d'un bilan exhaustif, il est bien loin de l'hypothèse 4000 en tout de donnée en 2005 pour un bilan scientifique, exhaustif, définitif et ONU qui, faute de critiques, le serait peut-être resté (le terme adéquat est peut-être devenu).

Seule cette version 2006 du rapport sera adoptée par l'ONU. Certains journalistes détectèrent la supercherie: Nature, BBC, Le Monde (qui aura le courage et l'honnêteté d'employer le terme mensonge)...

Dans son communiqué de septembre 2005 l'IAEA claironna:


Even though accurate information has been available for years, either it has not reached those who need it or people do not trust and accept the information and do not act upon it, according to the Report.


Donc, en substance, "c'était évident depuis longtemps, bande de sceptiques, mais vous ne disposez ou refusez les informations. Laissez-nous vous éclairer!". Si l'évaluation associée ("4000 décès en tout") à cette harangue était bien une erreur leur incompétence/négligence, comme leur présomption, dépasse l'entendement puisqu'ils ne publièrent aucun rectificatif. Si c'était délibéré ils sont ignobles.

Article Wikipedia[modifier]

L'édition française de Wikipedia relaya durant des mois la thèse désinformatrice et, à ce jour, des censeurs s'y assurent qu'elle n'éclaire toujours pas la désinformation.

Exhortations de Jean-Marc Jancovici (Manicore)[modifier]

Jean-Marc Jancovici conseilla le Ministère de l'Industrie et est partisan de l'utilisation de centrales électronucléaires.

Il a publié une Lettre ouverte aux journalistes qui vont évoquer Tchernobyl, et surtout à ceux qui les écoutent, les lisent ou les regardent.

Ce document souffre des biais habituels:

Témoignages[modifier]

Résumé: 1 - Si le nucléaire civil était l'horreur que l'on sait, il devrait être facile de trouver des retraités du CEA, d'EDF et d'Areva à la pelle pour expliquer que "on vous cache tout on vous dit rien""

  • une part des concernés (informés) sont des... intérimaires (souvent employés par des sous-traitants) et non des salariés. Selon Sortir du nucléaire «Une étude de l'INSERM montre que 80% de la dose d'irradiation est reçue par des intérimaires, qui n'entrent pas dans les statistiques, ce qui permet à EDF de prétendre que le nucléaire n'est pas dangereux pour ses salariés. (Annie Thébaud-Mony, Industrie. nucléaire, sous-traitance et servitude, éditions Inserm, Paris, 2000.)»
  • les salariés de l'industrie nucléaire, comme partout, sont tenus au 'secret maison', sur le plan psychologique (révéler serait trahir des collègues...) voire légal et la tradition du secret pèse plus sur la filière nucléaire qu'ailleurs, de par son origine militaire. D'une certaine façon les critiques sont utiles au Système en cela qu'ils clivent les groupes, que le salarié-type du nucléaire refusera d'autant plus de concéder aux écolos qu'il juge leurs publications menaçantes.
  • les témoignages ne sont guère relayés par le gros des media (quel groupe de presse souhaite fâcher le tout-puissant Ministère de l'Industrie, patron du nucléaire?).
  • certains témoignent malgré tout, et dans d'autres pays la chape semble moins pesante (par exemple aux USA).
  • l'apparente rareté de ces témoignages (leur faible diffusion) ne doit pas laisser croire que tout va pour le mieux, dans le fond (les pompes de refroidissement de 34 réacteurs français non conformes), comme en matière de respect des procédures et d'inspection (cas de la centrale de Gravelines où un fil électrique du système de protection du réacteur resta débranché durant plusieurs mois ([1]) ou de surveillance de site (un camion où se cachaient des réfugiés franchit deux lignes de contrôle), comme pour le futur programmé (cas des bogues de l'EPR, par ex le risque de sump strainer clogging) ou ailleurs (grave accident survenu mi-2006 à Forsmark, en Suède). Le niveau de risque attribué à chacun de ces embarras techniques soulève parfois des protestations.
  • J.-M. Jancovici précise il est relativement facile, aujourd'hui, de trouver un retraité de l'industrie pétrolière pour expliquer que la production va s'essouffler bien avant les 40 ans de tranquillité qui sont habituellement cités. Cette explication ne révèle pas une tromperie dangereuse mais tout-au-plus la publicité mensongère de l'industrie pétrolière selon laquelle ils nous approvisionneront 40 ans encore (cette publicité reste rare, elle ne nous a jamais atteint, et qui donc donne crédit à une annonce de ce genre publiée par des industriels impliqués?). Par ailleurs la portée de ce mensonge n'est pas la même puisqu'il n'expose pas directement des vies. D'autre part il sert l'industrie pétrolière car justifie une prospection intense, donc coûteuse et par conséquent un prix de vente élevé. Enfin on peut rappeler que le gros des professionnels de l'électronucléaire s'occupe de l'utilisation du combustible (sa conversion en électricité), en d'autres termes que seule une minorité est experte des questions relevant de l'amont (détection de gisement d'uranium, exploitation des mines...). En résumé cette astuce rhétorique est d'autant plus faible qu'exhiber des distorsions de pétroliers n'implique nullement que des atomistes ne mentent pas.
  • sur le plan financier il s'agit bien d'une horreur, comme rappelé dans Le Monde du 5 avril 2011 par Bernard Laponche (physicien nucléaire, expert en politique énergétique, ancien directeur de l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (ADEME)): «Tous les prétextes ont été bons pour limiter le développement des énergies renouvelables», et les exemples de ce que l'on tente plus ou moins adroitement de nous cacher ne manquent pas.

OMS (1)[modifier]

Résumé: 2 - "Organisation Mondiale de la Santé"

L'OMS est inféodée à l'IAEA.

Cancers[modifier]

Résumé: 3 - "La bonne question [...] de savoir si ((les liquidateurs auront)) plus de cancers que le reste de la population"

Nul n'a souhaité s'occuper des liquidateurs, ou même seulement suivre sérieusement leurs cas.

En ce qui concerne le reste de la population... tous les médecins informés ne restent pas cois ou ne sont pas muselables.

OMS (2)[modifier]

Résumé: 4 - "A nouveau, pourquoi ne pas interroger les responsables de l'OMS sur Tchernobyl"

Cf. OMS (1).

Dangerosité[modifier]

Résumé: 5 - Tout ce qui est détectable n'est pas nécessairement toxique, et "trouver de la radioactivité" ne signifie pas que l'on en meurt !

C'est exact mais ne réfute pas la thèse selon laquelle la catastrophe tua, tue et tuera plus qu'on veut nous le faire croire.

Approximations[modifier]

Résumé: 6 - "200 millions de fois Hiroshima"

C'est, en effet, ridicule.

Autres sites et documents pertinents[modifier]

Fukushima[modifier]

Remerciements[modifier]

Ces remerciements n'impliquent en rien une adhésion à mes propos.

Muriel (style), Dominique (pointeurs), Alain Vérignon, Michel V. (précision géographique), Meets (mise en forme), MB (documents), Bureau US du Recensement (données).

Notes[modifier]

Style des déclarations de l'OMS[modifier]

Déclarations de l'OMS illustrant le style employé: par exemple une nouvelle présentée sur le site de l'OMS (nous n'avons rien sélectionné, mais analysons celle du jour, qui traite du SIDA): ses éléments portant sur des faits avérés sont posés nettement (par ex "There were an additional five million new infections in 2005", ce qui est un peu moins certain est comme il se doit présenté comme tel même si l'idée générale est considérée comme certaine (par ex "The number of people living with HIV globally has reached its highest level with an estimated 40.3 million people" (ici l'idée générale est que le nombre est au plus haut, puis une estimation présentée comme telle suit) et les prévisions sont tout aussi nettement énoncées (par ex "about 35% of children born to HIV-positive women will contract the virus"). La forme "could" (et, quoique d'une façon différente, son compagnon "may") est réservé à ce qui est incertain sur au moins un plan majeur (par ex "According to a major survey carried out in the Philippines in 2003, more than 90% of respondents still believed that HIV could be transmitted by sharing a meal with an HIV-positive person.").