Tibet: Fallaces, paradoxes, incohérences et contradictions

De fr.discu.org.

Les tentatives de la Chine visant à étayer ses thèses quant au Tibet (ou à discréditer les critiques), prêtent surtout à rire.

Sommaire

[modifier] Souhaits de Tibétains

Certains déclarent qu'aucun Tibétain ne réclame quoi que ce soit, or de nombreuses organisation de Tibétains réclament l'indépendance (exemple: http://www.rangzen.org/).

[modifier] Dalaï Lama

[modifier] Abus du régime des lamas

Si les Tibétains étaient malheureux durant le règne des lamas comment expliquer leur hostilité, aujourd'hui, marquée à l'endroit de ceux qui se donnent pour leurs libérateurs? Comment expliquer le prestige dont jouit auprès des Tibétains le Dalaï Lama, chef de ces lamas selon le PC chinois oppresseurs/tortionnaires/esclavagistes/...?

Après 60 ans d'administration chinoise les Tibétains savent ce qu'ils gagneraient à rester Chinois. Selon les autorités chinoises ils seraient en majorité convaincus malgré des émeutiers/résistants minoritaires, or les révoltes se succèdent et tiennent longtemps tête malgré les renforts dépêchés à la puissante force d'occupation. Les révoltés sont par conséquent durablement soutenus par une forte part de la population, donc ce que le PC chinois baptise terrorisme est en réalité résistance.

Si le PC chinois disait vrai un référendum d'autodétermination honnête le plébisciterait, clouant le bec aux « minoritaires » comme aux tiers (Occidentaux en tête). Selon certains « les référendums ne sont pas tolérés par le PC chinois », ce qui révèle l'oppression exercée par le PC chinois non seulement sur son peuple (qui, toutefois, peut le renverser) mais également sur des non sinisés, par exemple les Tibétains trop faibles pour seulement le menacer.

[modifier] Esclavagisme

Le régime des lamas n'était pas esclavagiste. Le fait que des esclavagistes sévirent illégalement au Tibet durant son exercice n'y change rien.

Prétendre le contraire revient à affirmer que le gouvernement français est criminel puisque des crimes sont commis en France.

Aujourd'hui encore on découvre des esclaves en Chine, de l'aveu même du PC chinois. Cela ne fait pas de ce dernier, malgré tous ses défauts, un régime esclavagiste.

[modifier] Amitié pour Heinrich Harrer

Certains affirment que l'amitié du Dalaï Lama pour Heinrich Harrer, un Allemand membre du parti Nazi qui fut l'un de ses précepteurs, révélerait un penchant politique douteux voire ferait de lui le complice d'un criminel.

Le rabbin Abraham Cooper, l'un des doyens du Centre Simon Wiesenthal, affirma que rien ne montre qu'Harrer aurait participé à des actes répréhensibles.

Par ailleurs même si Harrer avait été un criminel le Dalaï Lama ne serait coupable que s'il l'avait assisté.

En résumé certains reprochent au Dalaï Lama son amitié pour un homme reconnu non-coupable de crimes qui furent commis à des milliers de kilomètres de sa zone de résidence et alors qu'il était âgé de moins de 10 ans.

[modifier] Attitude du régime chinois

[modifier] Aide de la CIA aux résistants

La CIA aida les résistants tibétains, ce qui est difficile à condamner d'emblée puisque les services secrets américains aidèrent également la résistance européenne luttant contre les nazis. Les USA étaient peut-être surtout désireux d'ennuyer des communistes, mais c'est un procès d'intention.

Les plus anciens contacts de ce type connus datent de 1942, il s'agissait alors d'amener le Tibet à renoncer à sa neutralité pour permettre aux alliés d'alimenter en armes les armées chinoises en lutte contre le Japon. À ce moment nul Chinois ne refusait l'aide des américains contre un envahisseur...

Certains prétendent que la CIA aide aujourd'hui encore la résistance tibétaine, ce qui n'est pas établi et semble douteux puisque toute trace d'assistance sur le terrain a disparu depuis la fin des années 1960, alors que les US se rapprochaient de la Chine.

[modifier] Selon le PC chinois des documents prouveraient que la Chine géra le Tibet

Le fait qu'un gouvernement rédige des documents selon lesquels il règne quelque part ne prouve pas que c'est le cas. Durant la période d'indépendance du Tibet, par exemple, des Chinois rédigèrent des documents déclarant création de bureaux et de postes au Tibet ou le concernant... mais cela n'avait aucun effet sur le terrain.

[modifier] La Constitution chinoise protégerait les Tibétains

Ils sont en effet plus ou moins protégés... sur le papier.

La nature totalitaire du régime, donc l'absence de contre-pouvoir comme de réelle représentation de la société civile ou de liberté de la presse, rend la Constitution vaine. Le Parti édicte Constitution et Lois... puis les applique (ou pas), au cas par cas, selon son bon vouloir et sans rendre compte.

Même les simples constats sont difficiles car ce qu'il veut dissimuler est difficile à exhiber, et il est dangereux de seulement s'y essayer.

[modifier] Selon la Chine la résistance tibétaine serait du terrorisme

Pour que ce soit acceptable il faudrait commencer par légitimer l'occupation du Tibet.

D'autre part entre 1940 et 1945 lorsque des résistants français attaquaient des nazis en France ces derniers condamnaient eux aussi ces terroristes...

Le peu de liberté accordée au Tibet par le gouvernement chinois aux observateurs et media, surtout durant les protestations de Tibétains, exacerbe la défiance. Pourquoi cacher, sinon pour mentir ou échapper à l'opprobre? Cette censure, malgré laquelle des informations parfois étayées parviennent en Occident, réduit à néant l'argument selon lequel nul ne saurait traiter du Tibet sans s'y rendre et donne la mesure de la prétendue équité des autorités chinoises (en particulier lors des procès).

[modifier] Révoltes et émeutes

Appeler émeute (sens général: tumulte, manifestation d'émotion...) ce qui est en fait une révolte (sens général: rébellion, soulèvement, résistance...) est révélateur.

[modifier] Le gouvernement chinois affirme écouter ceux qui respectent ses dogmes

... sans respecter lui-même ceux (religieux) des Tibétains ni ce que l'ONU, qu'il rallia, défend.

De surcroît les assertions de la ligne du Parti présupposent la domination absolue de la Chine sur le Tibet, ce qui n'invite guère à négocier (est-ce seulement possible avec qui se déclare d'emblée maître absolu?).

[modifier] Bon et mauvais nationalisme

En prolongeant ce que releva Chang Ping dans le journal Nanfang Zhoumo (南方周末) on demandera pourquoi nous devrions respecter le nationalisme du gouvernement chinois (soucieux deconserver le Tibet afin « préserver l'unité nationale ») qui, par ailleurs, interdit celui de Tibétains!

[modifier] Boycott des JO de 2008

En 2008 la Chine populaire nous invita à négliger les questions d'ordre politique durant la trève offerte par les Jeux Olympiques... mais n'en fit rien elle-même car les boycotta pour des raisons de cette nature!

Dès 1956, par exemple, elle boycotta les JO car "Formose" (Taïwan, son ennemi politique) y participait.

Elle réédita cet exploit en 1976 (Taïwan en fit autant, pour le motif réciproque).

En 1980 (jeux de Moscou) elle boycotta les JO, sur proposition des USA, afin de protester contre l'invasion de l'Afghanistan par l'URSS!

À chacun sa vérité et à chacun son boycott, en somme... Contradictions, hypocrisies...

[modifier] De nombreux pays reconnaissent l'appartenance du Tibet à la Chine

La France a plusieurs fois affirmé que le Tibet appartient à la Chine, vraisemblablement afin de commercer avec elle et "grâce" aux "conseils avisés" de sinologues que nous imaginons endoctrinés par le gouvernement chinois voire acquis à sa cause. C'est à notre sens regrettable. De faibles lumières brillèrent parfois, par exemple la visite du Dalaï Lama fin 1998 (le gouvernement chinois lutta afin d'en obtenir l'annulation mais J. Chirac, une fois n'est pas coutume, ne lui céda pas) ainsi que les protestations de quelques officiels durant le parcours à Paris de la flamme olympique dix ans plus tard.

Le fait que le gouvernement français se déculotte, tout comme le fait l'ONU, n'y contraint nullement les citoyens. Dans certains pays nul n'est contraint d'adopter les thèses du gouvernement ...

Par ailleurs une reconnaissance de ce genre n'offre pas de garantie morale ou légale. Seule celle de l'ONU vaut sur le plan du droit international.

[modifier] Géographie

Selon le PC chinois des cartes intégrant le Tibet à la Chine étayeraient ainsi sa thèse. C'est fallacieux car:

  • un cartographe rigoureux ne décide pas de la géopolitique mais en rend compte. Il néglige les aspects légaux et s'attache à la réalité, par exemple à la question qui contrôle cette zone géographique?. Placer aujourd'hui le Tibet « en Chine » revient à reconnaître que ce pays est sous le contrôle de la Chine et n'implique rien quant au caractère légal ou justifié de cette domination
  • nulle carte ne tranche de débat relevant du droit international. On reconnaîtra ou non à son auteur un savoir ou une juridiction, mais dessiner une carte pour ne prouve rien. Même établie (voire surtout) officiellement par un gouvernement (souvent en fonction de ses visées stratégiques ou de celles de ses protégés...) quelle carte reflète fidèlement une opinion autorisée, et quelle est cette dernière? Les USA soutenaient ainsi Tchang Kaï-chek qui revendiquait le Tibet, donc éditèrent des cartes intégrant le Tibet à la Chine où le PCC lit aujourd'hui «preuve»...
  • certains auteurs de cartes ne percevaient pas le caractère trompeur de certaines nominations
  • certaines cartes n'intègrent pas le Tibet à la Chine donc cette vision distordue soutient tout autant la thèse contraire

La carte n'est pas le territoire.

[modifier] Exemples

Une carte du New Student's Reference Work (Chicago, 1914) a vraisemblablement été composée au plus tard en 1913, alors que le Tibet n'était indépendant que depuis quelques mois. Les cartographes n'étaient peut-être pas encore informés.

Une carte publiée par National Geographic en 1921 montrerait selon certains que le Tibet appartenait alors à la Chine.
National Geographic, 1921 (cliquer 3 fois consécutivement pour zoomer)

Outre le fait que National Geographic, association américaine, ne peut déterminer qu'un territoire appartient ou non à une nation, cette carte recèle des choses surprenantes. La Mongolie («extérieure», le pays!) y est intégrée à la Chine alors qu'elle ne l'était en réalité alors plus depuis dix ans (en 1919 la Chine tenta de l'envahir mais en fut chassée en 1920-1921) et son nom est libellé en capitales grasses tout comme l'est celui du Tibet (aucune province de Chine, même le Sinkiang dont l'aire sur la carte le permettrait pourtant, ne l'est). Cette carte reflète les aspects géographiques et zones d'influences plutôt que la réalité géopolitique.

De surcroît National Geographic considérait le Tibet comme un pays, comme le montre l'article Flags of the World de l'édition de septembre 1934 de son magazine, page 383, où le drapeau tibétain apparaît (ce qui n'est le cas d'aucun drapeau de zone alors non autonome, par exemple de ce qui deviendra l'Inde, les Philippines, l'Irlande...). Lire à ce propos l'article de Jamyang Norbu.
Flags of the World

Autre thème connexe: sinisation des toponymes.

Selon certains une carte intitulée The World in 1945 publiée par l'ONU montrerait que cette organisation jugeait alors le Tibet chinois. Lire sa légende (texte placé sous l'Afrique, légèrement à droite, qu'il suffit s'il semble illisible de sélectionner, copier et coller ailleurs afin de le lire) suffit à prouver le contraire. Voici ce texte:"The designations employed and the presentation of material on this map do not imply the expression of any opinion whatsoever on the part of the Secretariat of the United Nations concerning the legal status of any country, territory, city or any area or of its authorities, or concerning the delimitation of its frontiers or boundaries." Autrement dit l'ONU n'exprime par cette carte aucune opinion quant à l'état, sur le plan légal, d'une quelconque nation, territoire, ville, aire, ni quant aux autorités, délimitations ou frontières.

[modifier] ONU

[modifier] Contumace

Les résolutions de l'ONU rappelant les droits du peuple Tibétain furent proclamées alors que la Chine n'était pas membre de cette organisation.

Selon certains certains cela les rend inacceptables, ce qui revient à prétendre que tout est permis à un pays qui n'assiste pas à l'analyse de ses actes.

[modifier] Droit à l'autodétermination nationale

L'ONU a défini en 1960 (résolution 1514 (XV) du 14 décembre 1960) les limites et les conditions de l'application du droit à l'autodétermination nationale, et le PC chinois affirme que cela rend les résolutions de 1961 et 1965 nulles et non avenues. Prétendre que ces dernières enfreignaient la disposition, donc par exemple que l'Assemblée Générale les adopta en un acte incohérent, revient à considérer que les membres de l'Assemblée Générale de l'ONU, durant deux réunions plénières tenues à 4 ans d'intervalle, ne savaient pas ce qu'ils faisaient lorsqu'ils adoptèrent ces résolutions donc ignoraient la disposition de 1960 ou souhaitaient l'enfreindre. Il est plus vraisemblable qu'ils la jugeaient non pertinente.

[modifier] Péremption d'une résolution

Nulle disposition ne fixe péremption à une résolution ni ne contraint l'ONU à la réaffirmer périodiquement, il est donc vain de prétendre que les résolutions citées sont obsolètes.

Les rappels sont toujours faits à l'occasion de développements nouveaux appelant d'autres résolutions, dont la proclamation est l'occasion, pour l'ONU, de rappeler des décisions restées plus ou moins lettre morte. Dans le cas du Tibet, sur le plan du droit international public, le problème n'a pas connu d'évolution contraignant à une réaction et la présence à l'ONU de la Chine et de ses tenants maintient une chape jugée bien commode par les Occidentaux qui ne souhaitent se battre pour faire respecter le droit.

[modifier] Territoire occupé

L'ONU ne reconnaît pas le statut de territoire occupé au Tibet, peut-être parce que nul ne sait aujourd'hui ce que veulent les Tibétains puisque leur droit à l'autodétermination, malgré ses appels répétés, reste bafoué. On feint d'ignorer s'ils sont ou non satisfaits puisqu'ils ne s'expriment pas... Les révoltes périodiques semblent pourtant explicites!

[modifier] Parallèle avec d'autres zones conquises/dominées

[modifier] Les Occidentaux n'ont-ils pas eux-mêmes commis ce qu'ils reprochent à la Chine ?

Coupables comme victimes des ignominies du passé (Croisades, colonialisme, Guerres de l'Opium...) sont à présent morts, ce qui réduit l'urgence et la portée pratique du problème, sans rien ôter à son importance ou à son intérêt, tandis que le Tibet est occupé en ce moment.

De surcroît le droit international n'avait pas cours du temps des Croisades, des Guerres de l'Opium ou durant le plus gros du colonialisme conquérant, tandis qu'on reproche aujourd'hui à la Chine d'occuper le Tibet en fonction d'éléments du droit international en vigueur lorsqu'elle y pénétra (dans les années 50) auxquels elle ne peut qu'adhérer puisqu'elle est membre de l'ONU.

En ce qui concerne l'Irak rappelons que le Tibet n'avait pas envahi de pays voisin (l'Irak mena une guerre meurtrière contre l'Iran puis tenta de s'emparer du Koweït) ni ne s'armait. D'autre part les US y organisèrent des élections et ne l'occupèrent pas durant 50 ans.

Lire dans les turpitudes des uns, avérées ou non, autant d'excuses pour celles des autres (occupation du Tibet) est puéril, c'est l'astuce de l'enfant auquel on reproche quelque chose et qui rétorque « Oui, mais tu ne peux me le reprocher car mon cousin l'a aussi fait! ». Les erreurs passées sont ce qu'il convient d'éviter plutôt que des justifications, modèles ou autorisations.

Selon certains le cas du Tibet est identique à celui de zones dominées par la France où des mouvements d'indépendance s'agitent (Nouvelle Calédonie, Polynésie française, Corse, pays Basque, Savoie, Bretagne...).

C'est abusif car chacun peut y circuler librement, l'armée française n'y est pas omniprésente, elle n'en chasse jamais les étrangers sous prétexte d'agitation, n'y combat pas régulièrement des séditions en tirant dans la rue sur des civils puis en emprisonnant après des procès non auditables par les instances internationales et dans au moins un cas (Nouvelle-Calédonie) un referendum d'autodétermination est prévu.

[modifier] Dénombrements

Selon certains les révoltes en France et dans ses colonies feraient autant victimes, en proportion, que celles du Tibet.

Il y a environ 5 millions de Tibétains et 13 fois plus de Français.

Les révoltes tibétaines de mars 2008 firent selon le PCC 19 victimes (au moins 1000 selon le gouvernement Tibétain en exil).

Par conséquent une révolte en France comparable causerait environ 250 morts officiels, donc en admettant que les données officielles de ce genre soient en France aussi distordues qu'elles le sont en Chine... En reprenant les données du gouvernement tibétain en exil (209 victimes, ce qui serait un minimum) il faudrait au mini 2700 disparus.

Il y a bien longtemps que rien de tel ne s'est produit en France où, pour mémoire, les émeutes de 2005 firent 4 victimes.

Même le "grand mouvement" de 2009 dans les Antilles ne fera qu'un mort relevant semble-t-il de l'homicide involontaire car nul, pas même la victime (Jacques Bino) n'était vraiment visé. La Guadeloupe compte 400000 habitants, les Antilles "françaises" environ le double.

Le cas du Xiniang est tout aussi révélateur. La révolte de juillet 2009 y fit 197 victimes officielles, alors que la région n'est peuplée que de 20 millions d'habitants (dont seulement 9 millions de Ouïghours). Des émeutes semblables en France feraient officiellement 640 victimes. Cela ne passerait pas inaperçu, même si la France expulsait à cette occasion journalistes et touristes comme la Chine le fit au Tibet en 2008...

[modifier] Preuves matérielles des exactions commises

Selon certains aucun document ne montre des crimes systématiquement perpétrés contre les Tibétains dans les années 1950, alors que des photographies de la résistance tibétaine existent.

C'est négliger qu'une résistance tenue en échec et peu à peu repoussée, comme le fut celle des Tibétains, n'accède que peu voire pas aux zones tenues par l'envahisseur, lequel dispose du temps nécessaire à la dissimulation de ses crimes. Le gros de la résistance tibétaine se trouvait dans le Mustang (au Népal) elle n'a donc vraisemblablement pu photographier quoi que ce soit.

Les travaux forcés et les famines furent deux causes majeures de décès. Dans le premier cas l'histoire montre que les victimes sont d'ordinaire enterrées près de l'ouvrage, et dans l'autre il est encore plus difficile d'obtenir une photo, en particulier dans la campagne tibétaine des années 50 où les appareils étaient rares et parce que tous les présents pensaient à manger plutôt qu'à un reportage, ce qui n'est pas le cas d'une armée victorieuse explorant le terrain conquis (cas des alliés en Allemagne et des Vietnamiens au Cambodge).

De surcroît les documents illustrant des crimes systématiquement commis, par exemple des camps nazis ou khmers rouges, ne circulent qu'après la chute des criminels. Nazis comme Khmers Rouges purent assassiner durant plusieurs années sans que rien de probant ne filtre hors des cercles bien informés, et les photos révélatrices ne circulèrent qu'après la chute du régime puisqu'elles furent prises ou saisies par les vainqueurs. Or le PC chinois occupe encore le Tibet, donc nul ne peut explorer (par exemple sonder les routes construites par du travail forcé ou même seulement analyser les archives). Pis: le temps efface peu à peu toute preuve.