société à l'échelle humaine

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Constat

Nos groupes humains sont trop gros, et ce gigantisme est la principale cause de nos problèmes majeurs.

Les dirigeants sont trop loin pour percevoir directement donc connaître les attentes, les besoins.

Les dirigeants honnêtes sont courtisés par des lobbies payés par des industriels, qui prétendent les informer mais leur mentent. Le citoyen-type (membre de la "société civile") n'est pas aussi efficacement représenté et, quand il en a l'occasion, pas aussi convaincant parce que sa formation ressemble moins à celle du dirigeant-type que celle d'un lobbyste, de plus il n'a pas que cela à faire. Donc il communique plus difficilement et plus rarement. Par ailleurs des lobbies s'entendent afin de formuler des thèses autant que faire se peut communes.

Les dirigeants malhonnêtes abusent car sont d'autant plus tentés que leurs pouvoirs et moyens sont énormes, qu'ils sont difficile à surveiller (les citoyens sont loin), et emplie par des inconnus (il est plus difficile de voler des gens que l'on connaît).

Avez-vous constaté qu'à de rares exception près nous sommes (hors mauvaise humeur passagère) a priori bien disposés vis-à-vis de ceux, même inconnus, avec lesquels nous avons un contact direct, tandis qu'au contraire aider des anonymes vivant au loin nous est plus difficile? Lorsque vous avez rencontré une difficulté urgente (par exemple dans la rue), avez-vous remarqué que des inconnus acceptèrent de vous aider, voire le firent spontanément? Vous-même, lorsque vous avez constaté que quelqu'un est en difficulté, avez-vous plutôt détourné le regard ou bien tenté d'assister? Sur l'autre volet les difficultés de nos associations aidant des pauvres de pays lointains sont connues. Ce n'est pas méchanceté, plutôt "charité bien ordonnée". C'est aussi ce qui explique qu'un dirigeant au loin sera plus tenté de négliger sa mission (la barrière psychologique interdisant d'escroquer des millions d'électeurs inconnus est moins haute que celle qui interdit de voler un voisin).

Pour la même raison de la "solidarité" est à présent contrainte, car à défaut trop s'y soustrairaient. Si chacun pouvait décider de payer des cotisations sociales combien le feraient? Probablement peu, et c'est pourquoi elles sont obligatoires. La véritable solidarité est librement décidée, on ne peut y contraindre. Contraindre à être solidaire est aussi absurde que contraindre à être amoureux. Contraindre ne produit ni solidarité ni amour.

Ces effets de la centralisation et de la bureaucratie, rendues nécessaires par le gigantisme, sont de plus en plus néfastes.

Plus le pouvoir central est puissant, plus les citoyens en sont dépendants et moins ils sont solidaires entre eux, ce qui augmente constamment sa puissance. Nos sociétés géantes sont rendues "harmonieuses" en conjuguant endoctrinement, délégation-abandon et coercition.

De surcroît lorsqu'un haut dirigeant d'aujourd'hui prend une mauvaise décision elle s'applique à une multitude sur un vaste territoire, donc si elle est mauvaise son impact est colossal. Des décisions locales, aux effets nécessairement circonscrits, sont moins dangereuses. Si elles portent leurs fruits les groupes voisins le constatent et s'en inspirent, puis elles se propagent avec une latence instaurant une sorte de principe de précaution.

De la même façon beaucoup préfèrent être autre chose que des rouages dans une immense machine, et percevoir le fruit de leurs efforts. L'industrialisation améliore notre confort matériel au prix d'un gâchis colossal car une fraction sans cesse plus élevée de ce qui est produit est peu justifiable (dénombrez vos objets inutiles), or à cette surproduction correspond une surexploitation des ressources ainsi qu'un surcroît de pollution... et cela ne nous rend d'autant moins heureux que, pour ce faire, il faut "rationaliser" donc faire de nous autant de rouages.

Certes, une grosse unité de production améliore le rendement. Toutefois le gros des gains de l'effet d'échelle n'est qu'apparemment induit par les seuls grands regroupements. Il est en réalité possible sans centralisation jacobine, grâce à des accords ponctuels entre petits groupes. Plusieurs petits groupes peuvent ainsi s'entendre ponctuellement pour construire ici un axe de transport, là une centrale de production d'énergie...

Par ailleurs cette façon de structurer une nation améliorerait la capacité de chacun à vivre selon ses convictions (en rejoignant un groupe plus adéquat).

Le cohésion transversale entre les groupes découlerait de leurs interactions (projets communs, pactes/alliances de protection mutuelle, exogamie, transfuges, pression des groupes pacifistes sur les agresseurs...)

Ces groupes auront ainsi tout intérêt à s'entendre, donc de la même façon des pactes établis entre eux les solidariseraient face à un agresseur.

Défense

Un agresseur potentiel évite dans la majorité des cas ce qui ne lui semble pas rentable. Déclencher une invasion mène à des pertes non immédiatement compensées, puis en cas de victoire il espère tirer bénéfice de l'occupation. La rentabilité de l'opération dépend principalement de critères d'ordre économique, géographique, climatiques et sociétaux. Les zones pauvres, difficiles d'accès ou rompues à la guerre (Afghanistan, Vietnam...) sont notoirement impossibles à occuper durablement, quelle que soit la disproportion des forces en présence, car elles épuisent l'occupant.

La Suisse illustre aussi cette perspective. Elle est riche donc tentante mais sa géographie montagneuse, certaines habitudes de ses habitants (armes...) et les services rendus à de nombreux tiers (en particulier dans le secteur bancaire) qui sont ainsi solidarisés à son indépendance, en font une zone difficile donc coûteuse à envahir, et davantage encore à occuper.

Certains groupes pourraient ainsi être plus durs à cuire et garantir à d'autres, moyennant contrepartie, une zone de repli servant de sanctuaire puis de base arrière à une force de résistance.

Par ailleurs certains veulent massacrer, même si ce n'est pas rentable, et rien ne peut les en dissuader. Les grands groupes sont davantage exposés que les petits puisque l'anonymat y est plus facile. On l'a clairement constaté (septembre 2001, Beslan, attentats récents à Paris...): ceux pour lesquels la rentabilité de l'opération n'est pas un critère sont d'autant plus à l'aise qu'ils se noient dans la masse, donc ils disposent de moins de marge de manœuvre dans un petit groupe. Par ailleurs l'approche proposée visant à réduire le gigantisme converge puisque si elle fonctionne on peut supposer qu'elle s'étendra, donc la taille des groupes diminuera et, partant, les géants présentant pour les autres un risque majeur se feront de plus en plus rares, jusqu'à disparaître.

Prospective

J'invite toute entité (Assemblée Constituante, gouvernement, institution, citoyen...) à réfléchir aux premières modifications à apporter à l'organisation de notre société visant à la faire reposer, à terme, sur des groupes humains plus petits donc plus sains car aux membres plus réellement solidaires et investis.

De façon pratique une première étape de réalisation similaire au Free State Project semble possible.

Démarche proposée

Dresser liste des groupes similaires à ceux décrits ici, puis étudier leurs histoires (en particulier quant aux causes des échecs):

De l'existant pourrait éclairer certains choix. Préférer ce qui sera plus facilement réversible et contraint moins les choix par la suite possibles semble souhaitable, donc nous éviterons toute forme de plan directeur (l'ouvrage de Christopher Alexander The Oregon experiment en résume les raisons: «((...)) the existence of a master plan alienates the users… After all, the very existence of a master plan means, by definition, that the members of the community can have little impact on the future shape of their community, because most of the important decisions have already been made. In a sense, under a master plan people are living with a frozen future, able to affect only relatively trivial details. When people lose the sense of responsibility for the environment they live in, and realize that they are merely cogs in someone else’s machine, how can they feel any sense of identification with the community, or any sense of purpose there?”»).

Contexte d'un groupe

Pointeurs vers des informations potentiellement utiles:

Taille approximative maximale du premier groupe Nombre de Dunbar.

Processus de décision pattern language (anglais).

Architecture The Living Village Trust (anglais). Le mémoire Les patterns de Christopher Alexander appliqués aux cuisines domiciliaires modernes (Virginie Tessier) illustre ce type de quête.

Sources